L’UGTA réaffirme son attachement aux valeurs républicaines
29 ans après son assassinat, l’héritage du dialogue et de la défense de la République du leader syndical reste une boussole pour la Centrale syndicale face aux défis actuels.
L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a organisé mercredi à la Maison du peuple d’Alger une cérémonie de recueillement à la mémoire de son ancien secrétaire général, Abdelhak Benhamouda, assassiné par des terroristes le 28 janvier 1997. Au-delà de l’hommage, cette commémoration s’est transformée en tribune pour le secrétaire général actuel de la Centrale syndicale, Amar Takdjout, qui a appelé à la défense des institutions républicaines et au respect strict de leurs décisions.
La cérémonie s’est déroulée en présence de membres de la famille du défunt, de ses compagnons de lutte, ainsi que de représentants des fédérations syndicales, de travailleurs de différents secteurs et entreprises économiques, et d’acteurs de la société civile. Une gerbe de fleurs a été déposée devant la stèle commémorative au siège de la centrale syndicale, suivie de la lecture de la Fatiha à la mémoire du défunt, avant la projection d’une vidéo retraçant les principales étapes de son parcours militant. Dans son allocution, Amar Takdjout a rappelé les qualités et hauts-faits du leader syndical disparu, citant notamment « sa défense acharnée de la patrie et des valeurs syndicales pour lesquelles il s’est sacrifié », ainsi que « son attachement au principe du dialogue comme méthode dans l’accomplissement de ses missions syndicales ». Le secrétaire général a souligné que la commémoration de l’anniversaire de la disparition de feu Abdelhak Benhamouda constitue « une halte pour évoquer les sacrifices consentis par les militants de l’UGTA depuis sa création en 1956 ». Mais au-delà de l’hommage historique, Takdjout a utilisé cette tribune pour défendre avec vigueur les fondements de l’État de droit. « Le dialogue et la négociation sont essentiels pour protéger la République algérienne, et cela ne peut se réaliser qu’en appliquant ses lois et en exécutant les décisions de ses institutions », a-t-il martelé. Le secrétaire général de l’UGTA a critiqué avec fermeté le non-respect de décisions judiciaires rendues en faveur de travailleurs syndiqués au sein d’institutions qui sont censées, selon lui, respecter et appliquer les décisions des organes de l’État. Il a qualifié cette situation de « dérapage » qu’il faut impérativement corriger, insistant sur le fait que « le dialogue n’est pas une faiblesse et la négociation non plus, comme le croyait le martyr Abdelhak Benhamouda ». Takdjout a rendu hommage au parcours de Benhamouda en évoquant son combat face aux pressions internationales. « C’était l’homme qui a défié le Fonds monétaire international lorsque celui-ci a exercé une pression sur l’Algérie pour licencier des milliers de travailleurs en échange de quelques dollars de prêt. Benhamouda s’est dressé contre lui, s’est rendu à son siège et a négocié pour réduire au maximum le nombre de travailleurs licenciés, et il y est parvenu », a-t-il rappelé avec fierté.
Le responsable syndical a souligné que Benhamouda croyait au dialogue et à la lutte, et qu’il avait des positions inoubliables. « Ce sont des positions dont nous nous sommes imprégnés pour préserver et défendre l’intérêt de l’Algérie, l’État social et les institutions de la République. En tant que syndicat, nous n’avons pas notre place en dehors de cette République, et notre longue histoire le prouve », a-t-il affirmé.
Takdjout a ajouté que Benhamouda s’est sacrifié pour la République et qu’il faut suivre l’exemple de ces sacrifices. Il a également salué en lui un militant démocrate reconnu par tous, même par ses adversaires, qui a adopté le dialogue et la compétition intellectuelle.
en reconnaissance de ses sacrifices, après son inauguration prochaine.
S’adressant aux cadres et militants syndicaux venus de différentes wilayas du pays, Takdjout a insisté sur la nécessité impérative de se conformer aux lois de la République et de les appliquer, de consacrer le dialogue et la négociation pour résoudre tous les problèmes et conflits internes, ainsi qu’au sein des institutions républicaines. « Même si tous les dysfonctionnements ne sont pas traités, la mobilisation reste un devoir et une nécessité. D’autres générations se succéderont à la tête de l’organisation syndicale, comme c’est le cas depuis sa création », a-t-il précisé.
Le responsable syndical a conclu en réaffirmant l’importance de protéger la République contre tout ce qui pourrait constituer une menace pour elle, rappelant la valeur du dialogue, de la concertation et des négociations constructives. « Le dialogue n’est pas une faiblesse, Benhamouda y croyait. La discussion n’est pas une faiblesse, et les négociations ne sont pas une faiblesse », a-t-il martelé, transformant ainsi cette commémoration en véritable profession de foi républicaine et syndicale.
Samir Benisid

