Le salon du textile Made in DZ s’ouvre : Trois accords pour ancrer les marques internationales
La stratégie de localisation des marques mondiales dans le textile s’accélère et se reflète à travers l’ouverture vendredi à Alger d’un salon dédié aux productions locales sous licences internationales, marqué par la signature de trois conventions visant à équiper les équipes olympiques et exporter vers l’Afrique.
Le salon des marques mondiales fabriquées en Algérie, baptisé » International Brands Exhibition Made in DZ », a ouvert ses portes vendredi dans la Capitale sous le patronage du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations. Cette manifestation, qui se déroule sur deux jours, matérialise la volonté des autorités algériennes de faire du pays une plateforme régionale de production et d’exportation dans le secteur textile, tout en réduisant la dépendance aux importations et en diversifiant l’économie au-delà des hydrocarbures. L’événement a été inauguré en présence du ministre du Commerce extérieur Kamel Rezig et de la ministre du Commerce intérieur Amel Abdelatif, accompagnés notamment du directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement Omar Rekkache et du directeur général des douanes, le général-major Abdelhafidh Bekhouche. Les ministres de l’Industrie et des Sports ont également assisté à la cérémonie d’ouverture.
La cérémonie inaugurale a été marquée par la signature de trois accords destinés à renforcer l’ancrage local des marques internationales et à développer les capacités d’exportation du secteur textile algérien. Le premier accord, conclu entre le Comité olympique algérien et l’entreprise Tayal, vise à fournir les équipements sportifs des délégations nationales. Cette convention s’inscrit dans une démarche de souveraineté économique et de valorisation du savoir-faire local dans un secteur hautement symbolique.
Un deuxième partenariat a été signé avec la société Fenec, en collaboration avec l’ancien footballeur international Karim Matmour, portant sur l’équipement des équipes olympiques. Le troisième accord, conclu entre la marque internationale Jumeau et l’entreprise Tayal, constitue une étape majeure dans la stratégie de localisation. Cette convention vise non seulement à produire localement des articles sous licence de cette marque mondiale, mais aussi à exporter ces produits vers les marchés internationaux, avec une attention particulière portée au continent africain, considéré comme un débouché prioritaire pour les exportations algériennes hors hydrocarbures.
Au cours de leur visite des différents stands, les deux ministres ont pu constater les capacités de production des entreprises nationales selon les normes internationales. Les organisateurs ont mis en avant les réussites dans le domaine de la production sous marques mondiales, démontrant que l’industrie textile algérienne dispose désormais des compétences techniques et de l’infrastructure nécessaires pour répondre aux exigences qualitatives des donneurs d’ordre internationaux. L’exposition présente une gamme diversifiée de vêtements et d’accessoires destinés à toutes les catégories d’âge et à tous les goûts, illustrant la montée en gamme progressive de l’industrie textile nationale. Cette diversification de l’offre vise à satisfaire tant la demande intérieure qu’à conquérir des parts de marché à l’exportation, notamment en Afrique où l’Algérie entend s’imposer comme fournisseur régional de référence. Selon les organisateurs, ce salon constitue un espace professionnel d’échange d’expertises permettant de valoriser les atouts industriels du pays et les opportunités d’investissement disponibles dans les secteurs manufacturiers, du textile et du cuir. L’objectif affiché est de créer de la valeur ajoutée localement et de renforcer la compétitivité du produit national, aussi bien sur le marché domestique que sur les marchés extérieurs. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de localisation des marques commerciales mondiales, un axe prioritaire de la politique économique algérienne visant à attirer les investissements productifs et à développer les exportations hors hydrocarbures. En encourageant les partenariats entre entreprises locales et marques internationales, les autorités espèrent favoriser les transferts de technologie, créer des emplois qualifiés et moderniser l’appareil productif national.Le label « Made in DZ » porté par ce salon reflète l’ambition de positionner l’Algérie comme hub de production pour l’Afrique du Nord et, plus largement, pour le continent africain. Cette stratégie répond à un double objectif : substituer aux importations une production locale de qualité équivalente et transformer progressivement l’Algérie en pays exportateur dans des secteurs à forte valeur ajoutée, au-delà de sa traditionnelle dépendance aux revenus pétroliers et gaziers.
Sabrina Aziouez

