CAN féminine 2026 : Le Maroc jette l’éponge à deux mois du coup d’envoi
Dans un retournement de situation spectaculaire survenu à moins de soixante jours de la compétition, le Maroc a renoncé à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 initialement prévue en mars prochain, contraignant la Confédération africaine de football à désigner dans la précipitation l’Afrique du Sud comme nouveau pays hôte, une défection tardive qui expose le royaume chérifien à de lourdes sanctions financières et sportives, notamment une possible exclusion des deux prochaines éditions et une amende de 250.000 dollars. L’annonce a créé la stupeur dans le landerneau du football africain. Alors que les préparatifs auraient dû battre leur plein à quelques semaines du tournoi continental féminin, c’est finalement la vice-ministre sud-africaine des Sports, Peace Mabe, qui a levé le voile sur ce coup de théâtre lors de la cérémonie de remise des trophées de la Hollywoodbets Super League. La responsable politique sud-africaine a confirmé que son pays reprenait le flambeau abandonné par le Maroc, déclarant sans ambages que lorsque le royaume chérifien avait fait savoir qu’il n’était pas en mesure d’accueillir le tournoi, l’Afrique du Sud avait immédiatement répondu présent, forte de ses infrastructures éprouvées et de son expérience en matière d’organisation de grandes compétitions internationales, rappelant au passage que le pays avait brillamment accueilli la Coupe du monde masculine en 2010. Cette volte-face marocaine intervient dans un timing pour le moins suspect et soulève de nombreuses interrogations quant aux motivations réelles de ce retrait tardif. Les observateurs les plus avisés établissent un lien direct entre cette défection et les récentes tensions nées de la finale de la CAN masculine 2025 que le Maroc a perdue sur son propre sol, ainsi que des sanctions disciplinaires prononcées par la Confédération africaine à l’encontre de la Fédération royale marocaine suite aux incidents survenus lors du match disputé contre le Sénégal. Certaines sources évoquent même l’hypothèse d’un malaise profond dans les relations entre Patrice Motsepe, président de la CAF, et Fouzi Lekjaa, vice-président de l’instance continentale et patron de la fédération marocaine, sans toutefois pouvoir apporter de preuves tangibles à ces spéculations. Ce qui est certain, c’est que le royaume traverse une période délicate dans ses rapports avec l’instance dirigeante du football africain.
Sur le plan réglementaire, la situation du Maroc s’annonce particulièrement délicate. Les textes de la Confédération africaine sont formels et prévoient des sanctions exemplaires pour tout pays qui se désisterait à moins de six mois d’un tournoi dont il a la charge. Le barème établi comprend une amende financière de 250.000 dollars américains, l’obligation de prendre en charge l’intégralité des préjudices financiers et moraux causés aux autres parties prenantes, ainsi qu’une suspension automatique de participation aux deux prochaines éditions de la Coupe d’Afrique des Nations féminine. Si ces dispositions sont effectivement appliquées dans toute leur rigueur, la sélection marocaine se verrait donc interdite de disputer non seulement l’édition 2026 qui démarre dans quelques semaines, mais également celle de 2028. Le préjudice sportif serait considérable puisque cette CAN 2026 revêt une importance capitale en servant de tournoi qualificatif pour la Coupe du monde féminine 2027 qui se déroulera au Brésil.
L’ironie de la situation veut que le Maroc était placé dans le groupe A de cette compétition, où il devait notamment affronter l’Algérie et, coïncidence troublante, le Sénégal avec lequel les relations se sont considérablement détériorées ces dernières semaines. Une exclusion du tournoi rebattrait complètement les cartes dans ce groupe et modifierait substantiellement les perspectives de qualification pour le Mondial brésilien, offrant potentiellement une opportunité inespérée aux autres nations engagées dans cette poule. Ni la Fédération royale marocaine ni la Confédération africaine n’ont pour l’instant communiqué officiellement sur les raisons précises de ce retrait ni sur les sanctions qui seront effectivement appliquées. Pour l’Afrique du Sud, cette reprise d’organisation constitue certes un défi logistique considérable à relever dans des délais extrêmement contraints, mais également une formidable opportunité de briller sur la scène continentale et de démontrer une nouvelle fois sa capacité à organiser des événements sportifs d’envergure dans l’urgence.
M.D.

