Rationnaliser la consommation pour préserver le pouvoir d’achat
À quelques jours du mois sacré de Ramadhan, les autorités intensifient leur mobilisation pour combattre les comportements de surconsommation qui pèsent traditionnellement sur les marchés et les budgets des ménages. Lors d’une conférence scientifique organisée lundi par le Haut Conseil Islamique à Alger, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national a placé la rationalisation au cœur de la stratégie gouvernementale pour ce mois de jeûne. « La régulation du marché ne se réalise pas seulement par les textes et les réglementations, mais aussi par la promotion de la conscience sociétale, une consommation responsable et consciencieuse et l’application des valeurs islamiques dans le comportement économique quotidien », a déclaré Amel Abdellatif, soulignant la dimension à la fois économique et spirituelle de cette démarche. La ministre a insisté sur le fait que la rationalisation de la consommation occupe une place centrale au sein des priorités du secteur, « compte tenu de sa dimension de développement », avec un double objectif : « protéger le pouvoir d’achat du citoyen et garantir la durabilité de l’approvisionnement ».
Cette prise de position s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne nationale récemment lancée par le ministère sous deux slogans percutants : « La disponibilité des produits est garantie, la rationalisation de la consommation est votre choix » et « Le Ramadhan est un mois sacré, n’en faites pas une course au gaspillage ». Cette démarche vise à ancrer une culture de consommation consciente et à renforcer les comportements responsables face à un phénomène récurrent qui voit les dépenses des ménages exploser durant ce mois.Amel Abdellatif a souligné que les rencontres de sensibilisation et scientifiques constituent « une opportunité pour renforcer la complémentarité entre la référence religieuse et l’approche économique, et entre les finalités religieuses et les politiques publiques, permettant ainsi de bâtir un modèle national de consommation fondé sur la raison, la solidarité et la durabilité, préservant l’équilibre de la société, la flexibilité de l’économie et la dignité du citoyen ».
Le président du Haut Conseil Islamique, Mabrouk Zaid El Kheir, a abondé dans ce sens en qualifiant la rationalisation de la consommation de « pilier fondamental » pour une bonne gestion du budget familial et de « base essentielle » dans la construction d’une société équilibrée. Il a estimé que la famille « est le fondement de la conscience économique et sociale et de la transmission des valeurs de modération et de responsabilité », rappelant les enseignements coraniques qui prônent la mesure dans les dépenses et bannissent le gaspillage.Hassan Menouar, président de l’Association El Aman pour la protection du consommateur, a détaillé les effets négatifs de ces comportements irrationnels et leurs implications multiples sur la santé, l’environnement et l’économie. Il a particulièrement pointé la hausse injustifiée de la demande sur les produits alimentaires qui crée des pressions sur le marché et un déséquilibre dans les budgets des ménages, fragilisant le pouvoir d’achat des familles les plus modestes.
Chokri Hafed

