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Partenariat algéro-italien dans l’industrie automobile : Un écosystème industriel en expansion d’ici 2030

L’ambassadeur d’Algérie à Rome, Mohamed Khelifi, a affirmé mardi que l’Algérie entrevoit pour les cinq prochaines années « un écosystème automobile algérien en pleine expansion, soutenu par une stratégie claire de renforcement industriel », lors d’une rencontre avec une centaine d’équipementiers automobiles italiens organisée à Turin dans le cadre du développement du projet Stellantis à Tafraoui près d’Oran, rapporte l’agence de presse italienne Agenzia Nova.

S’exprimant en marge de la rencontre intitulée « Stellantis Algérie rencontre les entreprises turinoises », qui s’est tenue au siège de l’Union industrielle de Turin, le diplomate algérien a détaillé la vision stratégique de l’Algérie en matière de développement industriel et de diversification économique. Dans un entretien accordé à l’agence Agenzia Nova, Mohamed Khelifi a expliqué que cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de l’économie nationale, visant à étendre la coopération avec l’Italie bien au-delà du pilier énergétique traditionnel. Si l’énergie demeure centrale dans les relations bilatérales, elle n’est plus le seul axe de la relation entre les deux pays méditerranéens, a-t-il souligné. L’ambassadeur a précisé que l’Algérie développe désormais des relations structurées dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’éducation, l’industrie manufacturière et l’automobile, complétant ainsi le secteur des hydrocarbures par d’ambitieux projets d’énergies renouvelables. Dans ce contexte, a-t-il expliqué, « la priorité aujourd’hui est de renforcer les liens industriels et de production ». Cette déclaration traduit la volonté affirmée des autorités algériennes de ne plus dépendre uniquement des ressources énergétiques et de construire une économie diversifiée et résiliente, capable de créer de la valeur ajoutée et des emplois qualifiés sur le territoire national, particulièrement dans le secteur automobile qui représente un levier majeur de développement industriel.

Appel aux équipementiers piémontais 

S’adressant directement aux équipementiers automobiles piémontais présents lors de cette rencontre, Mohamed Khelifi a lancé un appel clair aux investisseurs italiens en affirmant que le moment est propice pour s’implanter en Algérie. « Il existe des opportunités concrètes et immédiatement accessibles pour les entreprises italiennes intéressées par le marché algérien », a-t-il déclaré, selon Agenzia Nova. Le diplomate a insisté sur le fait que le climat d’investissement s’améliore considérablement en Algérie, que les indicateurs économiques sont positifs et que le pays offre un marché stable et en croissance. L’ambassadeur a ajouté que les entreprises italiennes bénéficient d’une attention particulière de la part des autorités algériennes et de conditions avantageuses, les incitant à saisir ce qu’il a qualifié de moment opportun pour accompagner le développement de l’industrie automobile nationale. Concernant les atouts et incitations mis à disposition des investisseurs étrangers désireux de s’implanter en Algérie, Mohamed Khelifi a détaillé l’arsenal de mesures attractives offertes aux investisseurs industriels : accès à des terrains pour l’implantation de sites de production, allégements fiscaux substantiels, exonérations diverses et solutions de financement dédiées spécifiquement aux projets industriels. À ces incitations réglementaires s’ajoutent des facteurs structurels particulièrement attractifs qui constituent de véritables avantages compétitifs pour l’Algérie, a-t-il souligné, tels que le faible coût de l’énergie sur le territoire national, une main-d’œuvre compétitive et qualifiée, la disponibilité de vastes zones industrielles aménagées et prêtes à accueillir des investissements, ainsi que la situation géographique stratégique de l’Algérie, véritable trait d’union entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe. Cette position privilégiée permet aux entreprises qui s’installent en Algérie d’accéder facilement à plusieurs marchés régionaux représentant des centaines de millions de consommateurs potentiels.

Sur le modèle de partenariat promu avec le groupe Stellantis, l’ambassadeur a été particulièrement explicite en affirmant qu’il s’agit de construire « une coopération industrielle équilibrée, dans laquelle chaque pays renforce son propre tissu productif ». « L’Italie continuera de développer son industrie, tout comme l’Algérie », a-t-il souligné, précisant que l’objectif est une croissance parallèle et complémentaire fondée sur des avantages mutuels.  Mohamed Khelifi a inscrit ces projets dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique, le qualifiant d’initiative « ambitieuse et visionnaire » promue par le gouvernement italien. L’Algérie, a-t-il ajouté, soutient pleinement cette approche, se considérant comme un partenaire clé sur le continent africain pour une coopération concrète fondée sur le développement et la stabilité. Interrogé sur le point de savoir si cette coopération constituait un exemple concret du Plan Mattei en action, Khelifi a répondu par l’affirmative, rappelant la visite officielle à Rome du président algérien Abdelmadjid Tebboune en juillet 2025, ainsi que le récent sommet bilatéral italo-algérien auquel a participé directement le Premier ministre italien Giorgia Meloni. Un événement qui, selon l’ambassadeur, a confirmé la volonté commune de traduire les excellentes relations politiques entre Rome et Alger en initiatives économiques concrètes et opérationnelles. La rencontre organisée mardi à l’Union industrielle de Turin a rassemblé une centaine d’équipementiers automobiles de Turin et du Piémont. Les discussions ont porté sur les possibilités de collaboration avec l’usine algérienne de Tafraoui, près d’Oran, dont la production devrait augmenter progressivement pour répondre à la demande croissante du marché algérien et contribuer au développement d’une véritable filière automobile nationale. Dans ce processus, les entreprises italiennes sont appelées à jouer un rôle central, non seulement en tant qu’investisseurs, mais aussi en tant que partenaires de long terme capables d’accompagner la montée en compétences de l’industrie algérienne.

Samir Benisid

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