AAPI : LG Electronics et l’indien Tenshi visent le marché algérien
Le géant sud-coréen LG Electronics, le laboratoire indien Tenshi et le groupe vietnamien Nutifood ont été reçus dimanche par le directeur de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, dans une démarche visant à concrétiser des projets importants dans l’électroménager, la pharmacie et l’agroalimentaire, secteurs prioritaires pour la diversification économique du pays.
Le projet le plus avancé concerne LG Electronics Algérie qui a manifesté son souhait de lancer une nouvelle unité de production dans les industries de l’électroménager. Les discussions entre le directeur général de l’AAPI et les responsables du groupe coréen ont porté sur « les multiples options et mécanismes disponibles pour la réalisation du projet », que ce soit « de manière individuelle ou dans le cadre d’un partenariat avec des opérateurs algériens, notamment à travers la Bourse de partenariat gérée par l’Agence », précise le communiqué de l’AAPI. Cette plateforme de mise en relation, pilotée par l’Agence, constitue un outil clé pour favoriser les joint-ventures entre investisseurs étrangers et opérateurs locaux. Le document souligne d’ailleurs le rôle de l’AAPI dans « l’accompagnement et la facilitation de la concrétisation de cet investissement dans les meilleurs délais », témoignant de la volonté des autorités de débloquer rapidement les dossiers stratégiques.La délégation sud-coréenne a affiché des ambitions qui dépassent la simple implantation commerciale. Elle a fait part de « la disposition de l’entreprise coréenne à établir des partenariats avec des opérateurs nationaux pour la fabrication de sa marque en Algérie, en vue d’assurer le transfert de technologie et de savoir-faire industriel, de créer des postes d’emploi qualifiés, de renforcer l’intégration locale, de développer le tissu industriel, et élargir ainsi sa présence sur le marché algérien ». Cette approche répond parfaitement aux objectifs gouvernementaux de substitution aux importations et de montée en compétences de l’industrie locale.
L’implantation de LG en Algérie pourrait marquer un tournant dans le secteur de l’électroménager, longtemps dominé par les importations massives d’appareils finis. Le géant coréen, présent commercialement dans le pays depuis des années, franchirait ainsi le cap de la production locale, offrant potentiellement des produits plus compétitifs tout en créant une valeur ajoutée nationale. Le transfert technologique annoncé constitue également un enjeu majeur pour former une main-d’œuvre qualifiée et développer un écosystème industriel pérenne.
Investissements pharmaceutiques et agro-industriels
Dans le secteur pharmaceutique, autre priorité du gouvernement algérien qui cherche à réduire lesimportations de médicaments, la société indienne Tenshi a exprimé « sa volonté de concrétiser plusieurs investissements, en partenariat avec des opérateurs algériens, notamment dans le domaine de la production de matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique ». Cette orientation vers la production de principes actifs pharmaceutiques revêt une importance stratégique, l’Algérie important actuellement la quasi-totalité de ses matières premières pharmaceutiques malgré une industrie locale de formulation relativement développée. La fabrication locale de ces intrants permettrait non seulement de réduire la facture d’importation, mais également de sécuriser l’approvisionnement du marché national en médicaments essentiels. Le partenariat envisagé avec des opérateurs algériens s’inscrit dans le cadre réglementaire qui impose désormais aux investisseurs étrangers de s’associer avec des partenaires locaux, tout en facilitant l’ancrage des projets dans le tissu économique national.
Enfin, l’entreprise vietnamienne Nutifood, spécialisée dans la production et la transformation du café et du lait, a également manifesté son intérêt pour le marché algérien. Disposant de « plusieurs fermes et unités de production au Vietnam », cette société a exprimé « sa volonté d’explorer le marché national, en prévision de la concrétisation d’investissements agricoles et industriels dans ce domaine en Algérie ». Le secteur laitier algérien, structurellement déficitaire et fortement dépendant des importations de poudre de lait, pourrait bénéficier de l’expertise vietnamienne en matière d’élevage et de transformation laitière. Cette séquence intervient dans un contexte où l’Algérie multiplie les signaux positifs aux investisseurs étrangers. Les autorités ont mis en place de nouveaux mécanismes d’accompagnement et simplifié certaines procédures administratives pour accélérer la concrétisation des projets.
Sabrina Aziouez

