L’ONU face à une contamination aux explosifs sans précédent : Ghaza ensevelie sous 70 millions de tonnes de gravats
Plus de 200 évaluations des risques liés aux engins explosifs ont été menées la semaine dernière dans la bande de Ghaza, ensevelie sous près de 70 millions de tonnes de gravats après plus de deux ans d’agression génocidaire sioniste, tandis que l’ONU alerte sur une contamination aux explosifs d’une ampleur inédite qui a déjà fait 9 morts et 65 blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier.
Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a révélé lundi que les partenaires de la lutte anti-mines ont mené, jusqu’à mercredi dernier, plus de 200 évaluations des risques potentiels liés aux engins explosifs afin de faciliter le déblaiement des décombres dans l’enclave palestinienne martyrisée. Ces opérations s’ajoutent au soutien apporté pour sécuriser les mouvements et les opérations humanitaires dans un environnement extrêmement périlleux où chaque mètre carré peut receler un danger mortel. Au cours de la même semaine, les équipes spécialisées ont également sensibilisé plus de 10.000 enfants et adultes palestiniens aux risques liés aux engins explosifs, une campagne d’éducation vitale dans un territoire transformé en véritable champ de mines. Selon les partenaires de la lutte anti-mines cités par Dujarric, ce risque demeure majeur puisque 33 incidents impliquant des engins explosifs ont été signalés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, causant la mort de neuf personnes et blessant 65 autres. L’enclave palestinienne est désormais confrontée à une contamination explosive d’une ampleur jamais vue dans l’histoire des conflits modernes. Les chiffres révélés par le service de lutte anti-mines de l’ONU donnent la mesure de la catastrophe. Depuis le début de l’agression sioniste en octobre 2023, environ 70.000 tonnes d’explosifs ont été larguées sur Ghaza. Le service UNMAS estime que 5 à 10% de ces munitions n’ont toujours pas explosé, ce qui représente entre 3.500 et 7.000 tonnes d’engins demeurant dispersés dans les maisons, les hôpitaux et les écoles. Ces munitions non explosées constituent autant de pièges mortels pour une population civile déjà dévastée par plus de deux ans de bombardements incessants. La situation humanitaire demeure dramatique et les obstacles à l’aide internationale se multiplient. Stéphane Dujarric a déploré que les restrictions imposées par l’occupant, notamment celles concernant l’entrée d’articles classés comme à double usage ou non humanitaires, continuent d’entraver la réponse humanitaire. Ces articles comprennent des pièces de rechange essentielles et certains matériaux de construction indispensables pour les abris, alors que des centaines de milliers de Palestiniens vivent dans des conditions précaires. La radiation de certaines ONG internationales importantes et les restrictions imposées à l’UNRWA et à d’autres agences des Nations unies compromettent également gravement les opérations humanitaires, a-t-il ajouté.
Sur le terrain, les violations de l’accord de cessez-le-feu se poursuivent quotidiennement. L’armée d’occupation sioniste a mené mardi de vastes opérations de destruction ayant ciblé des immeubles résidentiels palestiniens dans diverses zones de Ghaza, selon l’agence palestinienne Wafa. Les forces d’occupation ont procédé à des destructions massives dans les zones sous leur contrôle à l’est de Khan Younès, tandis que des témoins oculaires dans le nord de l’enclave ont rapporté des opérations similaires menées à l’est de la ville de Ghaza. Des drones ont largué des charges explosives sur ce qui restait des habitations palestiniennes dans le camp de Jabalia, déjà ravagé par les bombardements précédents. Ces opérations ont été accompagnées de tirs intenses en direction des côtes de Rafah et de Khan Younès, ainsi que de tirs provenant des véhicules militaires stationnés à l’est de Khan Younès, maintenant une atmosphère de terreur permanente parmi la population civile palestinienne. Le bilan humain de cette agression génocidaire continue de s’alourdir. Selon le dernier décompte des autorités sanitaires palestiniennes publié mardi, l’agression a fait 72.037 martyrs et 171.666 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023. Au cours des dernières 24 heures seulement, les corps de 5 martyrs et 5 personnes blessées ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, tandis que de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 586 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.558 autres ont été blessés, tandis que 717 corps de martyrs ont été récupérés.
L’inquiétude de la communauté internationale s’étend également à la Cisjordanie occupée, où le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a exprimé sa vive préoccupation face aux décisions récemment annoncées par l’entité sioniste visant à étendre son contrôle. Selon son porte-parole, Guterres a réaffirmé que toutes les colonies en Cisjordanie occupée, y compris à Al-Qods occupée, constituent une violation flagrante du droit international et des résolutions pertinentes des Nations unies. Ces mesures compromettent les perspectives de la solution à deux États et sont illégales selon les conclusions de la Cour internationale de Justice. Face à cette escalade, la Ligue arabe tiendra mercredi une réunion d’urgence pour discuter des moyens d’action arabe et internationale contre les décisions du gouvernement d’occupation visant à étendre la colonisation et à approfondir l’annexion des territoires palestiniens.
Lyes Saïdi
L’ONU compte retirer la majeure partie des Casques bleus déployés au Liban d’ici mi-2027
L’ONU compte retirer d’ici la mi-2027 la majeure partie des Casques bleus déployés au Liban, dont le mandat expire à la fin de l’année, a indiqué, mardi, sa porte-parole, Kandice Ardiel. La Force Intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) « prévoit de réduire et de retirer tout son personnel militaire d’ici la mi-2027 », a déclaré Mme Ardiel à la presse.
Les Casques bleus de la FINUL sont déployés au Liban depuis mars 1978, mais ils devront partir à compter du 31 décembre et dans un délai d’un an, conformément à une résolution votée en août dernier. Après la fin de son mandat le 31 décembre 2026, « nous commencerons le processus de rapatriement du personnel et des équipements et le transfert de nos positions aux autorités libanaises », a-t-elle précisé. La porte-parole a précisé qu’après la cessation des opérations de la FINUL, celle-ci aura des missions limitées, notamment « protéger le personnel et les biens de l’ONU » et protéger le départ de ses membres. Les Casques bleus patrouillent près de la frontière avec l’entité sioniste et opèrent actuellement en coopération avec l’armée libanaise. Malgré un accord de cessez-le-feu entré en vigueur en novembre 2024, l’entité sioniste poursuit son agression contre le Liban, et la FINUL a rapporté à plusieurs reprises des tirs sionistes sur ses positions. La porte-parole a indiqué en outre, que la Finul avait réduit de presque 2.000 le nombre de Casques bleus, et que quelque 200 doivent encore partir en mai.

