Le développement équilibré des territoires, une priorité
Les premiers résultats des programmes complémentaires déjà déployés témoignent de l’efficacité de cette approche.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné mardi lors du Conseil des ministres l’élaboration de nouveaux programmes complémentaires destinés aux wilayas les moins développées, notamment celles récemment créées, marquant une accélération de la politique d’équité territoriale engagée depuis 2021. Cette décision intervient alors que les programmes précédents lancés à Khenchela, Tissemsilt, Djelfa et Tindouf ont été intégralement réalisés dans les délais impartis. Le chef de l’État a également ordonné le lancement dès mars prochain de deux stations de dessalement d’eau à Tamanrasset et Tindouf, soulignant leur caractère stratégique pour la sécurité hydrique du Grand Sud.
Selon l’expert économique Ishak Kherchi, « les orientations du président de la République confirment la poursuite de l’approche proactive adoptée par l’État pour promouvoir un développement équilibré entre les différentes régions du pays ». Il estime que la décision « reflète une volonté politique claire de faire du découpage administratif un véritable levier de développement ». Pour Kherchi, ces orientations s’inscrivent dans une vision considérant le développement local comme la pierre angulaire de l’économie nationale équilibrée. « Le rapprochement de l’administration et des moyens des citoyens doit s’accompagner de la mise en place de projets structurants et de services à même d’améliorer la qualité de la vie et de renforcer l’attractivité économique de ces territoires », a-t-il ajouté dans une déclaration à l’APS.
Les premiers résultats des programmes complémentaires déjà déployés témoignent de l’efficacité de cette approche. À Djelfa, quatrième wilaya la plus peuplée avec 1,4 million d’habitants, 185 milliards de dinars ont été alloués en 2023 pour finaliser les chantiers existants et étendre les réseaux d’eau potable. À Tissemsilt, 98,53 milliards de dinars financent 98 opérations réparties sur 19 secteurs, incluant le dédoublement de la nationale 14/120. Tindouf a bénéficié de 29,5 milliards de dinars pour 18 opérations couvrant l’hydraulique, la santé et l’habitat. Le programme pionnier de Khenchela, lancé en 2021, a mobilisé 95,63 milliards de dinars pour 59 opérations incluant la double voie nationale 32 et la ligne ferroviaire Khenchela-Aïn Beïda.
L’économiste Abdelkader Slimani a souligné l’importance de ces orientations dans le cadre de la politique « d’équité territoriale », précisant que ces programmes couvrent les secteurs du logement, des infrastructures et des équipements publics. « Ces programmes constitueront un levier de développement local garantissant l’équilibre régional dans la répartition des investissements publics et des infrastructures, notamment au profit des populations de ces wilayas », a-t-il expliqué à l’APS. Slimani a rappelé que les projets ont « contribué à la création de milliers d’emplois, à la réalisation de nouvelles routes et à l’attraction d’investissements dans le domaine des infrastructures de base, tout en créant de nouveaux pôles économiques et de développement ».
Sécurité hudrique
La sécurité hydrique occupe une place centrale dans les nouvelles orientations présidentielles. Concernant les stations de dessalement, Kherchi a estimé que cette décision met en évidence « la priorité absolue accordée par le président de la République à la garantie de la sécurité hydrique, notamment dans les wilayas du Grand Sud confrontées à des défis climatiques et naturels spécifiques ». Cette initiative vise à assurer un approvisionnement pérenne en eau potable pour les populations situées dans des zones arides aux ressources hydriques limitées. Pour Kherchi, ces programmes constituent un mécanisme permettant de doter ces régions des moyens nécessaires à travers des investissements publics dans les infrastructures et les projets créateurs de richesse. « Ils ne servent pas uniquement l’aspect social, mais posent les bases d’une économie locale capable de générer une dynamique autonome et durable et de réaliser l’équilibre régional, garantissant la stabilité et l’ouverture de nouvelles perspectives d’investissement dans ces régions aux ressources naturelles et humaines prometteuses », a-t-il affirmé. Slimani a salué cette politique d’équilibre régional et de création de richesse au niveau des Hauts Plateaux et des régions frontalières, notamment après l’inauguration de la ligne ferroviaire minière Ouest, estimant que ces programmes peuvent servir de modèle pour d’autres régions. Une orientation qui guide les politiques de développement territorial et d’organisation territoriale marquée par un nouveau découpage administratif marqué par la promotion de plusieurs circonscriptions administratives notamment dans les Hauts-plateaux et le Sud, et la création dans un premier temps de 10 nouvelles wilayas et plus récemment de 11 autres. Un nouveau découpage destiné à ancrer une décentralisation plus efficace, se rapprocher des préoccupations du citoyen notamment dans les zones frontalières et du Sud et dans la finalité d’implémenter une nouvelle politique d’attractivité des territoires et d’y insuffler une nouvelle dynamique économique.
Amar Malki

