Stellantis Algérie structure son réseau de sous-traitants : 40 références industrielles en préparation
Le constructeur automobile organise méthodiquement son écosystème de sous-traitance nationale.
Lors d’un atelier technique organisé mercredi au Salon « Mechanica » à Oran, Stellantis Algérie a dévoilé un recensement exhaustif des capacités locales et annoncé la structuration de 40 références industrielles destinées à la production nationale. Une démarche stratégique qui vise à porter le taux d’intégration locale au-delà de 30% en 2026. L’atelier consacré au développement local de la sous-traitance dans le secteur de l’industrie automobile et des services après-vente a été organisé mercredi matin en marge du salon. Animé par le groupe Stellantis Algérie, producteur des véhicules Fiat, avec la participation de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest ainsi que de la société Ide-Net spécialisée dans la fabrication de faisceaux électriques, cette rencontre a permis de dresser une cartographie précise des capacités nationales. Les participants ont présenté les résultats d’un recensement exhaustif des sous-traitants afin d’évaluer leurs capacités liées à l’industrie automobile et aux pièces de rechange, jetant les bases d’une organisation industrielle plus structurée.
Les responsables de Stellantis ont détaillé l’architecture de la sous-traitance, qui repose sur quatre catégories principales. Parmi celles-ci figurent les pièces plastiques et les faisceaux électriques, désormais fabriqués localement dans le cadre d’un partenariat avec Ide-Net, ainsi que les vitrages, les batteries, les réservoirs et d’autres composants à valeur ajoutée. Le groupe a révélé qu’un travail est en cours pour organiser 40 références industrielles, un chiffre qui témoigne de l’ampleur du programme de localisation et de la diversité des composants concernés. Cette structuration méthodique vise à créer un référentiel précis permettant d’identifier les besoins et d’orienter les investissements des sous-traitants potentiels.
Le réseau de fournisseurs locaux connaît une croissance significative. Les dirigeants ont confirmé que le taux d’intégration avait atteint 20% à la fin de l’année 2025, avec 13 sous-traitants dans la fabrication et 13 autres dans les services après-vente. Ils ont précisé l’existence de critères d’agrément stricts pour les sous-traitants locaux, garantissant leur conformité aux standards internationaux du constructeur. Ces derniers, selon eux, offrent davantage d’opportunités pour le développement de l’industrie des pièces de rechange, un segment stratégique pour l’autonomisation du secteur automobile national.
Cette dynamique s’est concrétisée mardi par la signature de cinq nouveaux partenariats annoncée par Badji Raoui, directeur général de Stellantis Algérie. « Nous avons signé cinq nouveaux partenariats, dont un dans le domaine du façonnage mécanique des tôles, ainsi que quatre autres visant à soutenir la fabrication locale de pièces de rechange », a-t-il déclaré, qualifiant cette démarche « d’étape qualitative dans le développement de la production selon le système CKD ». Le responsable a réitéré l’engagement du groupe à atteindre un taux d’intégration locale supérieur à 30% à l’horizon 2026.
Le salon devient ainsi une vitrine du savoir-faire local. Badji Raoui a précisé que l’entreprise y expose des composants et des pièces de rechange produits localement, fruits d’une coopération avec 16 fournisseurs algériens pour l’usine et 13 autres pour le service après-vente, faisant de cet événement « une opportunité d’échange d’idées et d’exploration de nouvelles perspectives de coopération avec les acteurs de la sous-traitance ». Cette approche méthodique de structuration des référentiels et des réseaux constitue le socle d’une industrie automobile nationale durable.
Samir Benisid

