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Afin de stabiliser les prix de la viande rouge durant le Ramadhan : Des importations massives de moutons et de bovins

Ramadhan est à nos portes, suivra l’Aïd El-Adha dans quelques semaines : face à la pression saisonnière sur les prix de la viande rouge, les autorités ont décidé de frapper fort et tôt. Plus de 144 000 moutons vivants, 46 000 bovins et 21 000 tonnes de viande conditionnée en provenance du Brésil déferleront sur le marché national dans les prochains jours pour approvisionner le marché durant le mois de jeûne — une opération qui s’inscrit dans une politique délibérée de préservation du pouvoir d’achat des ménages.

Chaque Ramadhan, la demande en viande rouge s’emballe, les prix grimpent, et les ménages à revenus modestes arbitrent douloureusement entre leurs habitudes alimentaires et leurs contraintes budgétaires. Cette année, les pouvoirs publics ont choisi de prendre les devants. Ahmed Mokrani, directeur général de la régulation et de l’approvisionnement du marché national au ministère du Commerce intérieur, a levé le voile sur l’ampleur du dispositif dans une déclaration à l’APS. « L’opération englobe l’autorisation de l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR) et de l’EPE Entrepôts frigorifiques de la Méditerranée (FRIGOMEDIT) à importer environ 144 000 têtes de mouton vivant et plus de 46 000 têtes de bovin qui seront égorgées dans des abattoirs agréés », a-t-il précisé. Un volume considérable, mobilisé en un temps contraint, qui suppose une logistique rodée et une anticipation sérieuse des besoins.

Mais le dispositif ne s’arrête pas aux seules importations d’animaux vivants. Mokrani a également annoncé que « des opérateurs privés ont entamé l’importation, depuis le Brésil, de 21 000 tonnes de viande rouge emballées sous vide, pour soutenir l’offre nationale et garantir la stabilité de l’approvisionnement. » Le recours au conditionnement sous vide — technique qui préserve la qualité de la viande sur de longues durées de transport et de stockage — témoigne d’une montée en professionnalisme de la filière d’importation, longtemps critiquée pour ses insuffisances logistiques. Le responsable a par ailleurs évoqué « la coordination avec le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche pour élaborer un plan de distribution couvrant les différentes wilayas du pays » — condition sine qua non pour que l’abondance nationale ne se transforme pas en pénurie locale.

Au-delà de la viande, Mokrani a tenu à rassurer sur la disponibilité de l’ensemble des produits de large consommation durant le mois sacré. Huile, sucre, semoule, farine : le responsable a affirmé que l’approvisionnement est assuré, relevant même « une stabilité ou une baisse des prix de certains légumes, grâce à l’amélioration de la production. » Pour s’assurer que ces engagements se traduisent dans les faits et non dans les seules déclarations officielles, l’État a également renforcé son dispositif de contrôle. Mokrani a fait état de « la mobilisation de près de 85% des agents de contrôle du secteur, dont le nombre dépasse 90 000 agents mobilisés pour le suivi des marchés et la répression de la fraude », auxquels s’ajoutent des laboratoires fixes et mobiles déployés pour analyser les échantillons tout au long de la semaine.

Un million de moutons à importer pour l’Aïd

L’effort consenti pour le Ramadhan n’est que le premier volet d’une politique plus large de régulation des prix de la viande rouge, dont l’autre pilier a été annoncé dès le début de l’année. Le 7 janvier dernier, le Premier ministre Sifi Ghrieb révélait, lors d’une réunion du gouvernement, la décision du président de la République de soutenir le marché national du bétail à l’occasion de l’Aïd El-Adha, par l’importation d’un million de moutons. Un million — le chiffre parle de lui-même. À l’occasion d’une fête où chaque famille musulmane sacrifie traditionnellement un ovin, la pression sur les prix atteint chaque année son paroxysme. En injectant une telle quantité d’animaux sur le marché, l’État entend briser mécaniquement la spirale spéculative qui rend le mouton de l’Aïd inaccessible aux foyers les plus modestes. Le ministre de l’Agriculture a été chargé, selon la même source, « de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour la mise en œuvre de la décision du président de la République. » Pris ensemble, ces deux dispositifs — importation massive pour le Ramadhan, million de moutons pour l’Aïd — dessinent une ligne politique cohérente : l’État refuse de laisser les moments de forte consommation devenir des moments d’exclusion économique pour les ménages à revenus modestes.

Lyna Larbi

Approvisionnement du marché national en produits de large consommation

Le dispositif de veille installé

Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a présidé, mercredi, la cérémonie d’installation du dispositif de veille chargé du suivi de l’approvisionnement du marché national en produits de large consommation, en prévision du mois sacré de Ramadhan, et ce en application des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, indique jeudi un communiqué des services du Premier ministre. « Conformément aux instructions de Monsieur le président de la République, émises lors de la réunion du Conseil des ministres, tenue mardi 10 février 2026, portant sur la nécessité de réunir toutes les conditions à même de permettre aux citoyens de passer le mois de Ramadhan dans la sérénité et la quiétude, le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a présidé, mercredi 11 février 2026, la cérémonie d’installation du dispositif de veille chargé du suivi de l’approvisionnement du marché national en produits de large consommation, en prévision du mois sacré de Ramadhan 2026 », précise le communiqué. Ce dispositif « est placé sous l’égide du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, en y associant l’ensemble des secteurs concernés et les services de sécurité », ajoute la même source.

APS

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