Approvisionnement des marchés durant le Ramadhan : Un programme anticipatif pour garantir la stabilité des prix
La ministre du Commerce et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a annoncé samedi à Alger la mise en place d’un plan national anticipatif pour garantir l’abondance des produits alimentaires et la stabilité des prix durant le mois de Ramadan.
Intervenant devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale dans le cadre de l’examen du projet de loi portant règlement budgétaire de l’exercice 2023, Amel Abdellatif a détaillé les contours de cette nouvelle approche qui transforme en profondeur la gouvernance du commerce intérieur. « La nouvelle approche a permis d’obtenir des résultats tangibles dans la préparation des grandes périodes de consommation, en particulier le mois de Ramadan qui est désormais géré selon un plan national anticipatif garantissant l’abondance des produits, la stabilité des prix, la lutte contre la spéculation illicite et le renforcement de la confiance du citoyen envers les institutions de l’État », a affirmé la ministre. Ce changement d’approche s’inscrit dans un contexte où le secteur passe définitivement de la logique de l’intervention conjoncturelle à la régulation stratégique fondée sur l’anticipation, la coordination et le contrôle intelligent. La ministre a souligné que « le commerce intérieur n’est plus géré selon une logique d’intervention ponctuelle, mais est devenu un domaine de régulation stratégique basée sur l’anticipation, la coordination et le contrôle intelligent, dans le cadre d’une vision qui fait du marché un outil de souveraineté préservant la sécurité alimentaire et renforçant la justice économique ».
L’examen de la loi de règlement budgétaire de 2023 constitue, selon Amal Abdellatif, un moment d’évaluation objective des réalisations et une base solide pour les constructions futures. Cette évaluation se reflète dans les orientations adoptées pour le budget du secteur en 2026, qui viennent consolider le processus de modernisation de la gestion et la transition vers une logique de régulation intelligente fondée sur une information précise, une planification anticipative et une coordination intersectorielle.
La numérisation occupe une place centrale dans cette stratégie de transformation. La ministre a mis en avant l’importance de la digitalisation comme choix stratégique pour renforcer la transparence, améliorer les mécanismes de suivi et de contrôle, et promouvoir la qualité du service public. Cette modernisation technologique vise à renforcer l’efficacité de la décision publique et à rapprocher l’administration du citoyen et de l’opérateur économique. Les chiffres présentés témoignent d’une exécution budgétaire rigoureuse. Le taux de consommation des crédits alloués au secteur en 2023 a atteint 90,46%, soit l’équivalent de 95 milliards de dinars. Cette performance financière s’accompagne d’un bilan opérationnel significatif. Les services de contrôle du secteur ont effectué plus de deux millions d’interventions à travers l’ensemble du territoire national en 2023, aboutissant à plus de 200.000 infractions constatées et à la rédaction de plus de 190.000 procès-verbaux de poursuites judiciaires. « Cela reflète la concrétisation claire de la rigueur dans l’application de la loi et le renforcement du prestige de l’État sur le marché », a commenté Amal Abdellatif.
Spéculation illicite
Dans le domaine de la lutte contre la spéculation illicite, conformément aux dispositions de la loi 21-15, plus de 191.000 interventions ont été enregistrées, avec la saisie de 923 tonnes de produits alimentaires d’une valeur dépassant 515 millions de dinars. « Cela reflète la vigilance de l’État face à toutes les formes d’atteinte au pouvoir d’achat du citoyen », a souligné la ministre. L’analyse comparative avec les résultats de 2022 révèle une amélioration qualitative du contrôle. Le nombre de procès-verbaux de poursuites judiciaires a augmenté de 6%, le chiffre d’affaires dissimulé découvert a progressé de 22%, tandis que la valeur des saisies a augmenté de 2%. Ces indicateurs, selon la ministre, « confirment que le contrôle est devenu plus efficace, plus précis et mieux ciblé, malgré une légère baisse du nombre total d’interventions, ce qui reflète notre transition d’une logique de densité numérique vers une logique d’efficacité qualitative ».
Cette mutation profonde du secteur du commerce intérieur s’inscrit dans les orientations du président de la République Abdelmadjid Tebboune, qui a consacré les principes de bonne gouvernance, d’efficience et de souveraineté économique, tout en préservant l’équilibre entre la régulation du marché et l’encouragement de l’initiative économique.
Samir Benisid

