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Biskra : 100.000 plants d’arganier seront mis en terre d’ici 2027

Un projet stratégique pour le développement agricole saharien.

La wilaya de Biskra s’apprête à franchir une étape décisive dans le développement de l’agriculture saharienne avec la mise en terre programmée de près de 100.000 plants d’arganier à l’horizon 2027, une initiative ambitieuse qui s’inscrit dans une stratégie nationale de diversification des filières agricoles et de valorisation des espèces adaptées aux conditions climatiques subsahariennes. Le Directeur général des forêts, Djamel Touahria, a annoncé cette opération d’envergure en marge d’une opération symbolique de plantation de 3.000 arganiers à la ferme pilote Omar Driss, située dans la commune de Loutaya, dans le cadre de la vaste campagne nationale de plantation de cinq millions d’arbres à travers le territoire national. Selon les explications fournies par le responsable lors de sa déclaration à la presse, «ce projet s’inscrit dans le cadre des efforts de développement de cette espèce au regard de sa longévité et sa résistance au climat subsaharien», soulignant ainsi l’importance stratégique de l’arganier dans la préservation de l’écosystème fragile des zones arides et semi-arides du pays.

L’arganier présente des caractéristiques exceptionnelles qui en font une espèce particulièrement adaptée aux conditions climatiques rigoureuses du Sahara algérien, notamment sa capacité à résister à la sécheresse prolongée et aux températures extrêmes qui peuvent dépasser les cinquante degrés Celsius en période estivale. Au-delà de sa valeur écologique indéniable pour le développement du couvert végétal dans les régions sahariennes menacées par la désertification et l’érosion des sols, cette espèce revêt une importance économique considérable en matière d’extraction des huiles essentielles, un secteur porteur qui pourrait générer des revenus substantiels pour les agriculteurs locaux et contribuer à la création d’emplois dans les filières de transformation et de commercialisation. Djamel Touahria a affirmé avec conviction que «tous les moyens ont été mobilisés pour le succès de ce projet, notamment à travers l’irrigation au goutte-à-goutte afin de favoriser sa croissance et son entrée en phase de production», précisant que les autorités ont mis en place un dispositif d’accompagnement technique et financier destiné à assurer la réussite de cette opération d’envergure.

Le fruit de l’arganier, de couleur jaune à maturité, renferme un noyau particulièrement dur qui abrite deux à trois amandons riches en huile, lesquels sont exploités pour l’extraction à froid de l’huile essentielle d’argan, un produit naturel aux vertus cosmétiques et alimentaires reconnues mondialement et dont la demande ne cesse de croître sur les marchés internationaux. Cette huile précieuse, obtenue par des procédés traditionnels ou mécaniques, peut atteindre des prix élevés sur le marché, notamment pour les qualités certifiées biologiques, offrant ainsi des perspectives économiques prometteuses pour les régions productrices. Le directeur général des forêts a lancé un appel pressant pour «développer cette espèce et élargir les aires de sa plantation surtout qu’elle est adaptée aux conditions subsahariennes et que les expériences menées ont donné des résultats positifs», témoignant ainsi de la confiance des autorités dans la viabilité de cette culture nouvelle pour l’Algérie.

L’opération de plantation symbolique organisée à la ferme pilote Omar Driss a été présidée par le directeur général des forêts en compagnie des autorités locales de la wilaya de Biskra, avec la participation active des représentants de plusieurs secteurs ministériels concernés par le développement agricole et environnemental, ainsi que de Fouad Maala, président de l’association «El Djazaïr El Khadra» (l’Algérie verte), dont l’engagement en faveur du reboisement et de la préservation de l’environnement contribue significativement aux efforts nationaux de lutte contre la désertification. Cette initiative s’inscrit dans une vision globale de développement durable des zones sahariennes, visant à concilier impératifs écologiques et nécessités économiques tout en préservant les ressources naturelles pour les générations futures et en créant de nouvelles opportunités d’emploi dans un secteur agricole en pleine mutation.

R.R.

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