Haut Conseil de la langue arabe : Un colloque national sur la traduction et la didactique
Le Haut Conseil de la langue arabe a organisé dimanche à Alger un colloque national consacré à la traduction et à la didactique, en concomitance avec la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle qui se tient chaque année le 21 février, une rencontre au cours de laquelle les participants ont débattu de la réalité de la traduction dans l’enseignement algérien et de ses perspectives à l’ère de la numérisation et des évolutions technologiques accélérées. Le président du Conseil, Mohamed Salah-Eddine Belaid, a souligné lors de cette rencontre que «la traduction pédagogique est devenue aujourd’hui extrêmement importante, compte tenu du rôle qu’elle joue dans la suppression des barrières linguistiques et la démocratisation du savoir pour le rendre accessible à un public plus large», ce qui permet de renforcer «un environnement éducatif plus inclusif capable de répondre aux exigences de l’époque, particulièrement dans le contexte du développement des technologies d’intelligence artificielle qui contribuent à améliorer la communication entre l’enseignant et l’apprenant, que ce soit dans les salles de classe ou lors des rencontres virtuelles». Dans cette perspective, Mohamed Salah-Eddine Belaid a mis en exergue l’importance capitale de la traduction au service de la langue arabe et de la valorisation de sa place parmi les langues vivantes, affirmant «sa capacité à suivre le rythme de l’évolution technologique et à enrichir un contenu arabe aux dimensions culturelles, scientifiques et civilisationnelles», tout en indiquant que le Conseil poursuit son engagement dans la célébration du mois de la traduction à travers les universités et les centres de recherche du pays. Cette initiative s’inscrit dans une démarche globale visant à promouvoir l’usage de la langue arabe dans les domaines scientifiques et technologiques, tout en préservant son authenticité et sa richesse lexicale face aux défis posés par la mondialisation et la prédominance des langues étrangères dans certains secteurs stratégiques.
Pour sa part, Nouar Abidi, président de la commission de la traduction au sein du Conseil, a expliqué que ce colloque vise à «mettre en lumière les dimensions didactiques de la traduction à la lumière des avancées réalisées par la pensée humaine dans les méthodologies de l’activité traduisante, tant sur le plan théorique que pratique, qu’il s’agisse de traduction écrite ou d’interprétation simultanée». Il a ajouté que cette rencontre scientifique cherche à «dresser un état des lieux de ce domaine dans l’enseignement algérien et ses perspectives à l’ère de la numérisation», ainsi qu’à «explorer ses relations avec les autres disciplines, à l’instar de la linguistique appliquée et de la didactique des langues», tout en «recherchant les moyens d’exploiter les applications de l’intelligence artificielle dans le développement des programmes éducatifs», une dimension qui prend une importance croissante dans le contexte de la transformation numérique des systèmes éducatifs.
De son côté, Mohamed Harrath, président du comité scientifique du colloque, a considéré que la traduction représente un champ de connaissances «indispensable» dans le domaine de la didactique, affirmant que la linguistique appliquée et les autres branches de la linguistique s’efforcent de traiter les problématiques soulevées par le processus éducatif, particulièrement dans le contexte de la mondialisation et de la communication permanente entre les civilisations et les cultures différentes.
Les interventions des enseignants et chercheurs participant à ce colloque ont abordé de multiples thématiques liées au domaine de la traduction à l’université algérienne et aux exigences du marché du travail, ainsi que la problématique de la traduction pédagogique entre l’interprétation culturelle et la fidélité épistémologique, outre les questions d’éthique de la traduction à l’ère de l’intelligence artificielle et d’autres axes de recherche pertinents qui reflètent les préoccupations actuelles de la communauté académique algérienne face aux mutations profondes que connaît le secteur de la traduction dans un monde de plus en plus interconnecté.
M.S.

