Lutte contre la corruption : Les données foncières sous la loupe de l’OCRC
Dans de modernisation de l’administration et dans l’objectif d’intensifier la lutte contre la corruption, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boujemâa, et le ministre des Finances, Abdelkrim Bouaazra, ont présidé mardi à Alger la signature d’une convention de coopération et d’échange de données entre l’Office central de répression de la corruption (OCRC) et la Direction générale des Domaines (DGD). Cette cérémonie, tenue au siège du ministère des Finances, marque une étape clé dans l’intégration numérique des institutions publiques, comme l’indique un communiqué du ministère de la Justice.
Représentés respectivement par leurs directeurs généraux, les deux organismes ont formalisé un partenariat axé sur le partage instantané et sécurisé de données cadastrales et immobilières. Selon le communiqué officiel, « cette convention vise à asseoir le principe de la numérisation comme choix stratégique pour moderniser l’administration et renforcer l’efficacité des institutions de l’État. Elle complète les efforts déployés par les deux secteurs pour consacrer les initiatives d’intégration informationnelle et de coopération institutionnelle. Elle contribuera à faciliter les missions de l’Office central de répression de la corruption, liées à la lutte contre la corruption et au renforcement du contrôle sur les opérations de blanchiment d’argent, grâce à l’exploitation instantanée et sécurisée des données et informations cadastrales et immobilières. Elle traduira la stratégie que l’OCRC s’attache à matérialiser avec diverses institutions publiques dans le cadre de la détection des pratiques frauduleuses et criminelles portant atteinte à la transparence et à l’intégrité requises dans la gestion des affaires publiques et des transactions économiques. Elle mettra en exergue le rôle qu’il joue pour promouvoir la coopération et le travail commun avec les organes similaires sur les plans national et international. »
Cette démarche s’inscrit dans des enjeux majeurs. D’abord, la numérisation émerge comme pilier pour une gouvernance plus agile, permettant un accès en temps réel à des bases de données cruciales. Cela renforce directement l’arsenal de l’OCRC dans sa traque aux flux illicites, notamment le blanchiment d’argent via des biens immobiliers, un fléau qui mine l’économie nationale. L’enjeu est double : consolider la transparence dans la gestion des domaines publics, souvent vulnérables aux malversations, et promouvoir une intégration institutionnelle qui dépasse les silos administratifs.
Au-delà du cadre national, cette convention positionne l’Algérie comme un acteur proactif dans la coopération internationale anti-corruption, aligné sur les standards mondiaux. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme, où la technologie devient un levier contre les pratiques délictueuses, protégeant ainsi les intérêts publics et boostant la confiance des investisseurs.
Amar Malki

