La FIG homologue le « Nemour 2 » au code de pointage mondial : Kaylia Nemour entre dans l’histoire
Elle n’a que 19 ans, deux gestes à son nom dans le code de pointage international et un palmarès qui ferait rougir des gymnastes deux fois plus âgées.
Kaylia Nemour a encore frappé. La Fédération internationale de gymnastique (FIG) a officiellement homologué, vendredi 20 février, un nouveau mouvement technique portant le nom de l’Algérienne : le « Nemour 2 ». Exécuté la veille lors des qualifications de la Coupe du monde de Cottbus, en Allemagne, ce geste d’une rare complexité — un stalder serré tkatchev écart demi-tour — a immédiatement été validé et intégré au code de pointage mondial. Une consécration technique qui s’ajoute à une trajectoire déjà hors normes.
Tout s’est joué jeudi sur les barres asymétriques, l’agrès de prédilection de la championne algérienne, lors des qualifications de l’étape de Coupe du monde de Cottbus, compétition qui se tient du 19 au 22 février. Nemour a dominé sa série de la tête et des épaules, inscrivant un score de 15,200 points, loin devant la Russe Milana Kaïoumova, deuxième avec 14,033 points, et l’Italienne Giulia Perroti, troisième avec 13,900 points. Mais au-delà de la victoire en qualifications, c’est la nature de sa prestation qui a retenu l’attention des juges et des techniciens présents. Ce mouvement d’une technicité extrême, alliant puissance et précision dans un enchaînement que peu de gymnastes au monde oseraient tenter, a convaincu la FIG de lui attribuer son propre nom dès le lendemain. La machine administrative de la fédération internationale, habituellement lente, n’aura mis que quelques heures à trancher.
Le « Nemour 2 » est donc le deuxième geste à porter le nom de Kaylia dans le code de pointage de la FIG, après le « Nemour 1 », homologué en mai 2023 lors des Championnats d’Afrique de Pretoria, en Afrique du Sud. À l’époque, elle n’avait que 17 ans et disputait sa toute première compétition internationale sous les couleurs algériennes. Née et formée en France, la jeune gymnaste avait choisi de représenter l’Algérie, pays d’origine de son père, à la suite d’un différend avec la Fédération française de gymnastique. Un choix qui allait s’avérer décisif, non seulement pour sa carrière, mais pour le rayonnement du sport algérien tout entier.
Depuis, les titres se sont accumulés à une vitesse vertigineuse. Médaille d’or aux Jeux olympiques de Paris en août 2024, titre de championne du monde à Jakarta en octobre 2025 — devenant ainsi la première gymnaste arabe et africaine à décrocher ce sacre suprême —, et pas moins de treize médailles d’or en Coupe du monde : Kaylia Nemour a réécrit les pages de l’histoire de la gymnastique africaine et arabe en à peine deux ans sous le maillot des Fennecs. Son titre mondial à Jakarta avait fait écho à son sacre olympique parisien, confirmant qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’éclat mais d’une domination installée.
Ce dimanche à Cottbus, sauf surprise de taille, elle devrait ajouter une quatorzième médaille d’or en Coupe du monde lors de la finale des barres asymétriques. Mais l’horizon de Kaylia Nemour est déjà fixé bien au-delà de l’Allemagne. Dans son viseur : les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, où elle ambitionne de confirmer son statut d’icône de la discipline. À 19 ans à peine, avec deux mouvements gravés pour l’éternité dans le code de pointage mondial, l’Algérienne n’en est qu’au début de ce qui s’annonce comme l’une des plus grandes carrières de l’histoire de la gymnastique.
M. Dahleb

