Ouverture de la 15e édition de Taj El Coran : Une édition avec une ambition internationale
Vendredi soir, au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal d’Alger, les lumières se sont allumées sur la 15e édition du concours Taj El Coran, le rendez-vous coranique annuel de la Télévision algérienne diffusé sur la chaîne TV Coran, qui réunit cette année 18 candidats venus des quatre coins du pays — et, pour la première fois avec une envergure assumée, de bien au-delà des frontières nationales.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, et du recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, deux figures tutélaires d’un événement qui a su, en quinze ans d’existence, se hisser au rang des compétitions coraniques les plus suivies du pays. Devant la presse, le ministre n’a pas caché sa fierté : « Le programme Taj El Coran s’est imposé, au cours des 15 dernières années, comme l’un des plus importants programmes coraniques en Algérie. » Une consécration qui, à ses yeux, ne doit rien au hasard. « Le succès se construit progressivement, et c’est le cas de ce programme compétitif, qui a acquis une dimension internationale », a-t-il affirmé, en rappelant le précédent du concours international du Prix d’Alger de récitation et de psalmodie du Saint Coran, lequel « a débuté comme un prix national avant de prendre une dimension internationale ».
Car c’est bien l’internationalisation qui constitue le fait marquant de cette édition 2026. Le directeur de la chaîne TV Coran, Saïd Hamza Nadir, l’a souligné avec enthousiasme : l’édition de cette année « se distingue par son caractère international, grâce à la participation d’éminents récitants de pays arabes et musulmans, dont la Palestine, la Syrie, la Bosnie-Herzégovine, l’Éthiopie, la Mauritanie, le Tchad, la Tunisie, la Libye et la République arabe sahraouie démocratique ». Une carte du monde qui dit, mieux que tout discours, l’ambition portée par les organisateurs : « élargir son audience et accroître le nombre de téléspectateurs dans les pays arabes et musulmans, ainsi que dans d’autres régions du monde », tout en contribuant à « promouvoir l’image de l’Algérie et les valeurs de modération, du juste milieu, de tolérance et de fraternité sur lesquelles repose son référent religieux ».
Sur les 18 candidats retenus pour cette édition, neuf sont des femmes et neuf des hommes — une parité symboliquement forte dans une compétition de récitation coranique. Tous ont été sélectionnés à l’issue d’éliminatoires organisées plusieurs semaines en amont, un processus rigoureux qui garantit le niveau artistique et spirituel de la compétition. Le prime final, moment de vérité et d’émotion attendu par des centaines de milliers de téléspectateurs, est programmé pour la dernière semaine du mois de Ramadan, lorsque le jeûne touche à sa fin et que la ferveur spirituelle atteint son point culminant.
Depuis sa première édition, Taj El Coran occupe une place singulière dans le paysage audiovisuel algérien. Loin des formats de téléréalité importés, il propose un modèle de compétition ancré dans l’identité culturelle et religieuse du pays, où la beauté de la voix se met au service du texte sacré. Chaque Ramadan, il transforme les écrans en espaces de recueillement partagé, offrant aux familles réunies autour de l’iftar un moment rare : celui d’écouter, dans le silence du soir, des voix qui portent les versets coraniques avec une précision et une ferveur qui tiennent autant de l’art que de la foi.
Mohand Seghir

