Économie

Un projet de silo céréalier d’un million de tonnes lancé à El-Meniaa : Consolider la sécurité alimentaire

Un million de quintaux. C’est la capacité du silo dont le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a lancé la réalisation samedi à El-Meniaa, marquant un tournant dans la course que mène l’Algérie pour sécuriser ses réserves en céréales et réduire sa dépendance aux importations.

Dans un contexte international où les cours des blés restent volatils et où les tensions géopolitiques fragilisent les chaînes d’approvisionnement, le choix d’implanter cette infrastructure colossale au cœur du Sahara n’a rien d’anodin. El-Meniaa s’est imposée ces dernières années comme l’un des pôles les plus prometteurs de la céréaliculture saharienne, portée par l’extension des périmètres irrigués et le recours aux techniques agricoles modernes. Mais la production, aussi dynamique soit-elle, ne vaut que si le pays dispose de la capacité de la stocker, de la conserver et de la mobiliser au bon moment. C’est précisément le maillon que vient combler ce nouveau silo, conçu pour absorber les surplus de la moisson, garantir des conditions optimales de conservation et constituer une réserve stratégique régulière à l’échelle régionale.

Le ministre a lui-même tenu à souligner la portée de cet investissement. Ces installations revêtent « un caractère stratégique, vu leur rôle dans l’accompagnement de la dynamique de production que connaît la wilaya d’El-Meniaa, où ont été obtenus, ces dernières années, des résultats encourageants dans les cultures céréalières et fourragères, grâce à l’extension des superficies irriguées et l’adoption de techniques modernes de cultures sahariennes », a-t-il déclaré lors de sa visite. Et d’enfoncer le clou : « L’État poursuit son soutien pour améliorer les capacités de stockage et de collecte, en adéquation avec la hausse de la production nationale. »

Réduire les pertes post-récolte

Au-delà des mots, les actes posés samedi traduisent une stratégie pensée en chaîne. M. Oualid a également inauguré un centre intermédiaire de stockage de proximité destiné à réceptionner et regrouper la production des agriculteurs locaux avant de l’acheminer vers les unités de transformation ou les structures de stockage de longue durée. Ce type de relais logistique, souvent négligé, constitue pourtant le premier filet de sécurité pour les exploitants, qui voient régulièrement une partie de leur récolte se détériorer faute de prise en charge rapide après la moisson. En raccourcissant le circuit entre le champ et le silo, l’État cherche à limiter les pertes post-récolte, un fléau silencieux qui grève chaque année des volumes considérables de grains. Sur le terrain, le ministre a insisté sur le respect rigoureux des délais et des normes de réalisation, exigeant qualité de construction et efficacité de gestion. Il a suivi une présentation technique détaillée portant sur les dispositifs de contrôle, les capacités de stockage et les mécanismes d’accompagnement des chantiers, signe que les pouvoirs publics entendent éviter les retards chroniques qui ont parfois entaché de grands projets d’infrastructure dans le secteur agricole. L’enjeu dépasse largement les frontières de la wilaya. L’Algérie, l’un des plus grands importateurs mondiaux de blé, a fait de la souveraineté céréalière un axe cardinal de sa politique économique. La facture des importations de céréales pèse lourdement sur la balance commerciale et expose le pays aux aléas des marchés internationaux. C’est dans ce contexte qu’une politique volontariste a été mise en place afin de développer la culture des céréales notamment en milieu Saharien, alors qu’El Meniaa s’impose comme pôle majeur dans ce contexte. L’objectif est fixé ; atteindre à terme une production de 9 millions de tonnes de blé par an et s’assurer d’une autosuffisance en blé dur dès cette année. La réalisation de ces nouvelles infrastructures s’inscrit dans une stratégie nationale plus large de modernisation et de rationalisation du dispositif de stockage, dont l’objectif final est clair : consolider la capacité du pays à couvrir ses besoins alimentaires par ses propres moyens et offrir aux agriculteurs des débouchés fiables qui les encouragent à produire davantage.

Sabrina Aziouez

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