Adam Ounas envoie un message à Petkovic : « Je suis toujours prêt à être appelé »
À quelques mois du Mondial 2026, Adam Ounas sort du silence. Écarté de la sélection algérienne depuis l’arrivée de Vladimir Petkovic sur le banc en mars 2024, l’ailier de 29 ans a profité d’une prestation convaincante avec son club d’Al Shamal, en championnat du Qatar face à Al Gharafa, pour lancer un appel public au sélectionneur des Verts. Un message clair, mesuré, mais chargé d’une ambition intacte.
C’est en zone mixte, à l’issue d’un match à enjeu entre deux concurrents directs pour le titre, qu’Ounas a choisi de parler. Titulaire et contributeur au succès de son équipe, le joueur a évoqué avec une franchise désarmante sa situation vis-à-vis de l’équipe nationale. « J’essaie de donner le maximum chaque match et après on verra ce qui se décide en équipe nationale », a-t-il déclaré, avant d’ajouter sans détour : « Je suis toujours prêt à être appelé. » Sur la plateforme Sport Team, Ounas avait déjà précisé sa pensée : « Je suis toujours prêt à recevoir la convocation et à répondre à l’appel, si elle me parvient. » Et d’ajouter, dans un équilibre entre ambition et résignation assumée : « La dernière décision revient à l’entraîneur de l’équipe nationale. » Car l’objectif, lui, est clairement énoncé. La Coupe du Monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, fait figure d’horizon absolu. « Chaque joueur a pour rêve de jouer la Coupe du monde », a confié Ounas. « S’il me prend, il me prend. S’il ne me prend pas, je continue à travailler. Il y a encore des échéances, on verra. » Le parcours récent d’Ounas mérite d’être contextualisé. Sa dernière apparition sous le maillot des Fennecs remonte à janvier 2024, lors de la Coupe d’Afrique des Nations disputée en Côte d’Ivoire, à une époque où Djamel Belmadi tenait encore les rênes de la sélection. Depuis l’arrivée du technicien suisse Petkovic, l’ancien ailier de l’OGC Nice et du Napoli — club avec lequel il avait brillé et suscité l’admiration des connaisseurs — n’a plus reçu la moindre convocation en équipe A. Une parenthèse de sélection qui a pu apparaître en coupe arabe 2025 avec l’équipe A’, mais cette expérience n’a guère plaidé en sa faveur : il y est apparu loin de son meilleur niveau, à des années-lumière du joueur flamboyant qui avait contribué de manière décisive au sacre historique des Verts à la CAN 2019, organisée en Égypte.
Depuis son transfert à Al Shamal, club qatari, Ounas semble renouer progressivement avec ses sensations. Mais les chiffres restent modestes : quatre matchs disputés, un seul but inscrit. Des statistiques qui peinent à nourrir un dossier de reconvocation solide, d’autant que la concurrence à son poste est aujourd’hui particulièrement relevée. Riyad Mahrez, quand il est disponible, Anis Hadj Moussa et le prometteur Ilane Kebbal se partagent le couloir droit des Verts avec des performances qui rendent le retour d’Ounas, selon les observateurs, très difficile, voire improbable à court terme.
Pourtant, l’histoire du football est riche de ces retours que personne n’attendait. Et Ounas, lui, n’a manifestement pas dit son dernier mot. À 29 ans, avec une Coupe du monde en ligne de mire et quelques mois encore pour convaincre, il continue de travailler, de jouer et d’espérer. Le reste appartient à Petkovic.
Moncef Dahleb

