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Cisjordanie occupée : L’ONU avertit contre un nettoyage ethnique

Plus de 72.000 martyrs. Ce chiffre, rendu public lundi par les autorités sanitaires palestiniennes, résume à lui seul l’ampleur d’un carnage qui dure depuis le 7 octobre 2023. Pendant que l’ONU documente un « nettoyage ethnique » et que des colons incendient une mosquée en Cisjordanie occupée, l’occupation sioniste poursuit méthodiquement son œuvre de destruction d’un peuple, de sa mémoire et de sa souveraineté.  Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’UNRWA, a exprimé lundi sa profonde préoccupation suite à la publication d’un nouveau rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Un document qui, pour la première fois avec une telle netteté onusienne, emploie les mots qui s’imposent. « Je suis profondément préoccupé par le rapport de nos collègues du HCR, qui met à nu la destruction de quartiers à Ghaza et l’expulsion de communautés, s’apparentant à un nettoyage ethnique », a écrit Lazzarini dans un message publié sur les réseaux sociaux, avant d’énumérer ce que le rapport documente par ailleurs : « les tueries et mutilations qui se poursuivent, le blocus qui a poussé Ghaza vers la famine, ainsi que la torture ». Le responsable onusien a également souligné que le rapport expose « les violences et les déplacements en Cisjordanie », dénonçant « le climat d’impunité entourant les violations commises par les forces de l’occupation dans le Territoire palestinien occupé ». Et de conclure, en faisant écho aux propos du Haut-Commissaire Volker Türk : « Les guerres ont des règles. Le droit international compte. L’impunité n’est pas abstraite. Elle tue. La reddition de comptes est indispensable. Elle est la condition préalable à une paix juste et durable. » Des mots qui tranchent avec la prudence habituelle du langage diplomatique onusien, et qui sonnent comme un acte d’accusation.

Pendant que les couloirs feutrés des Nations unies produisent leurs rapports, Ghaza, elle, continue de compter ses morts. Selon le bilan actualisé communiqué lundi par les autorités sanitaires palestiniennes, l’agression génocidaire sioniste a fait depuis le 7 octobre 2023 pas moins de 72.073 martyrs et 171.749 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Au cours des dernières vingt-quatre heures, le corps d’un martyr supplémentaire et huit blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, tandis que de nombreuses autres victimes demeurent ensevelies sous les décombres, inaccessibles aux secours.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 janvier dernier, 615 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.651 autres ont été blessés. Les corps de 726 martyrs ont par ailleurs été récupérés des ruines. Des chiffres qui disent, si besoin était, que la trêve n’a pas mis fin au calvaire d’un peuple dont les souffrances s’accumulent dans une indifférence internationale que l’histoire jugera sévèrement.

Iktaba, Tulkarem, Naplouse : la Cisjordanie assiégée

La Cisjordanie occupée, elle aussi, vit sous le joug d’une occupation qui ne connaît ni répit ni limite. Dimanche soir, les forces sionistes ont mené un raid sur la banlieue d’Iktaba, à l’est de Tulkarem, installant des points de contrôle, arrêtant les véhicules, fouillant les passagers et se déployant jusque près des écoles, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. Dans la ville de Tulkarem et ses environs, ainsi qu’au camp de Nur Shams, la pression militaire s’intensifie sous un siège strict marqué par de fréquents tirs à balles réelles et des grenades assourdissantes, particulièrement la nuit. Ces manœuvres, souligne Wafa, s’inscrivent dans les nouvelles mesures de l’occupation visant à terme l’annexion de la Cisjordanie occupée — un projet colonial dont la communauté internationale peine à mesurer, ou refuse de mesurer, la gravité historique. À Naplouse, la barbarie a pris lundi le visage du feu. Des colons sionistes ont incendié la mosquée « Abou Bakr Al-Siddiq » dans le village de Tel, à l’ouest de la ville. Le ministère palestinien des Waqfs et des Affaires religieuses a fermement condamné cet acte, affirmant que « l’incendie d’une partie de la mosquée démontre clairement le degré de barbarie atteint par la machine sioniste d’incitation au racisme concernant des lieux saints islamiques et chrétiens en Palestine ». Le ministère a précisé que les colons, agissant sous la protection de l’occupation, « ont attaqué 45 mosquées au cours de l’année 2025 », dénonçant une escalade « systématique » dans le rythme et la nature de ces violations. Le président du Conseil national palestinien, Rawhi Fattouh, a pour sa part qualifié l’incendie de « crime grave » et d’« acte terroriste ». Face à cette accumulation de crimes, deux instances internationales ont également pris la parole lundi. L’Organisation de la coopération islamique a annoncé la tenue jeudi à Djeddah d’une réunion d’urgence de son Comité exécutif au niveau des ministres des Affaires étrangères, pour examiner les mesures sionistes visant à annexer la Cisjordanie.

L.S.

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