Conseil des droits de l’Homme : Guterres dénonce la montée en puissance de « la loi du plus fort »
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé lundi la montée en puissance de « la loi du plus fort », se traduisant par « une attaque de grande envergure partout dans le monde » contre les droits humains. « Cette agression n’est menée ni en secret, ni par surprise. Elle a lieu au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants. Partout dans le monde, les droits humains sont sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté », a déclaré M. Guterres, à l’ouverture d’une nouvelle session du Conseil des droits de l’homme à Genève. « Quand les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule », a-t-il ajouté, déplorant que « nous vivions dans un monde où les souffrances massives sont admises… où les êtres humains sont utilisés comme monnaie d’échange…où le droit international est considéré comme un simple désagrément ». Le constat des Nations unies est amer : « les conflits se multiplient, l’impunité se propage, les droits humains sont piétinés et les besoins humanitaires explosent tandis que les financements chutent, dans un contexte de coupe drastique de l’aide ». Selon M. Guterres, « les technologies – en particulier l’intelligence artificielle (IA) – sont de plus en plus utilisées d’une manière qui réprime, accentue les inégalités et expose les personnes marginalisées à de nouvelles formes de discrimination, en ligne et hors ligne ». Dénonçant plus globalement « la main de fer qui resserre l’espace civique », le secrétaire général de l’ONU a cité, entre autres, l’emprisonnement de journalistes et de militants des droits humains, la fermeture d’ONG, le recul des droits des femmes et l’exclusion des personnes en situation de handicap.R appelons que les travaux de la 61e session ordinaire du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies ont débuté, lundi, à Genève, en Suisse, et se poursuivront jusqu’au 31 mars 2026 au Palais des Nations, avec une large participation des délégations des Etats membres et de hauts responsables onusiens. Au cours des six semaines de travaux, le Conseil examinera la situation des droits de l’Homme dans plusieurs foyers de tension, notamment en Afghanistan, au Soudan, dans les territoires palestiniens occupés et au Soudan du Sud. Ces débats s’inscrivent dans les points de l’ordre du jour relatifs aux situations nécessitant l’attention du Conseil, à l’assistance technique et au renforcement des capacités, ainsi que dans le point spécifique consacré à la Palestine et aux autres territoires arabes occupés. Le Conseil devrait également entendre la mise à jour mondiale présentée par le Haut-Commissaire sur l’état des droits de l’Homme dans le monde, ainsi que les rapports des commissions d’enquête et des missions internationales indépendantes. A l’issue de ses travaux, l’organe onusien adoptera des projets de résolutions et de recommandations relatifs aux différentes questions examinées.
R.I.

