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Des instructions fermes pour la réhabilitation des immeubles anciens : Alger se refait une façade

Le ministre-wali de la wilaya d’Alger, Mohamed Abdenour Rabhi, a effectué dimanche matin une tournée d’inspection sur plusieurs chantiers de réhabilitation d’immeubles anciens dans les communes d’El Harrach, Hussein Dey, Mohamed Belouizdad et Alger-Centre. Une visite de terrain qui s’inscrit, selon un communiqué publié lundi sur la page Facebook officielle de la wilaya, « dans le cadre du suivi des projets du Plan Blanc, vision stratégique pour le développement et la modernisation de la capitale ». Ce Plan Blanc, dont le nom évoque à la fois la propreté et la page à réécrire, constitue la feuille de route urbanistique adoptée par les autorités suprêmes du pays pour redonner à Alger le visage d’une grande capitale méditerranéenne. Au cœur de ce programme, la réhabilitation des bâtisses anciennes figure parmi les priorités absolues. Le communiqué l’affirme sans détour que cette opération vise à « préserver un tissu urbain important, qui se distingue par la qualité et la diversité de ses typologies architecturales, mais qui a subi les effets du temps, le rendant vulnérable à la dégradation et à la fragilité ». Le programme se déploie en deux phases distinctes et complémentaires. La première a ciblé les immeubles situés sur les grandes artères de la capitale, des axes dont les noms résonnent dans la mémoire collective  : Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi, Hassiba Ben Bouali, Zighoud Youcef ou encore Krim Belkacem. Des rues-vitrines, très fréquentées, dont la rénovation produit un effet visible et immédiat sur l’image de la ville. La seconde phase, en cours de déploiement, étend le périmètre d’intervention vers les quartiers populaires et les communes périphériques. Elle concerne les rues Mohamed V, Mohamed Belouizdad et Tripoli à Hussein Dey, mais aussi les immeubles du secteur sauvegardé de la Casbah — rue Djabieh Chérif, rue de la Victoire, descente Louni Arezki et rue Ammar Ali — ainsi que la rue Ali Khodja et la ruelle Bouguerra à El-Biar, et le centre d’El Harrach. Le communiqué précise que l’opération « se poursuivra progressivement pour toucher l’ensemble des communes ».

Au-delà du ravalement des façades, les services de la wilaya entendent profiter de cette dynamique pour engager une transformation plus profonde de l’espace urbain. Sont ainsi prévus l’aménagement des espaces extérieurs piétonniers, le renouvellement des différents réseaux selon les normes en vigueur, et la réorganisation des activités commerciales le long des grands axes. Sur ce dernier point, un cahier des charges est en cours d’élaboration pour définir le cadre réglementaire, harmoniser les devantures des commerces et encadrer les horaires d’ouverture. Une approche globale qui vise à réconcilier esthétique, fonctionnalité et ordre urbain. Lors de sa visite de terrain, le ministre-wali Rabhi a transmis des directives fermes pour « accélérer le rythme des travaux », tout en insistant sur la nécessité de les « réaliser avec soin et une haute qualité d’exécution ». Le communiqué souligne qu’il a exprimé sa satisfaction quant à l’avancement et à la qualité des travaux réalisés jusqu’à présent, et qu’il a adressé ses remerciements aux ouvriers et à l’ensemble des acteurs du projet pour leurs efforts sur le terrain. Des efforts d’autant plus méritoires, note le texte, que ces chantiers « se caractérisent par un degré élevé de complexité, en raison de l’ancienneté des bâtiments et de leur nature architecturale, ce qui exige une grande précision et un professionnalisme à toutes les étapes de l’exécution ».

Malgré les inévitables nuisances générées par des travaux de cette envergure en plein tissu urbain habité, l’opération semble recueillir l’adhésion des riverains. Le communiqué relève que les résidents « ont fait preuve d’une grande compréhension pour les désagréments temporaires occasionnés » — un satisfecit populaire qui, dans le contexte d’une capitale impatiente de se voir modernisée, constitue sans doute le meilleur encouragement pour aller jusqu’au bout du chantier.

Lyna Larbi

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