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Ramadhan, routes et budgets : Tolérance zéro pour les walis

Le ministre de l’Intérieur envoie un signal clair à l’ensemble de l’administration territoriale : le mois de Ramadhan n’est pas une parenthèse dans la gestion publique, mais un test grandeur nature de l’efficacité de l’État au plus près des citoyens.

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a réuni dimanche l’ensemble des walis du pays en visioconférence, en présence des chefs de daïras et des directeurs de l’organe exécutif. Un format de coordination nationale qui traduit l’importance accordée par le gouvernement à la gestion de cette période sensible qu’est le début du mois de Ramadhan, où les attentes des citoyens en matière d’approvisionnement, de transport et de services publics atteignent leur pic annuel.

L’ordre du jour, tel que précisé par le communiqué du ministère, ne laissait aucune place à l’improvisation. Il a porté sur « les préparatifs et le déroulement du mois sacré du Ramadhan, le suivi de l’état de consommation des affectations budgétaires de l’exercice 2025 », ainsi que sur la présentation des « affectations budgétaires de 2026 », couvrant à la fois le programme d’appui au développement socio-économique des communes et les allocations de la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales (CSGCL). Un agenda dense, qui conjugue l’urgence du court terme et les impératifs de la programmation annuelle. Sur le volet Ramadhan, le ministre a d’emblée fixé le cap. Il a souligné la nécessité de « garantir la disponibilité des produits alimentaires, notamment les produits de large consommation, et d’intensifier le contrôle des marchés ». Une injonction qui résonne comme un avertissement adressé aux gestionnaires locaux, dans un contexte où la spéculation et les tensions sur certains produits de base constituent, chaque année, un risque réel pour le pouvoir d’achat des ménages algériens. Pour y faire face, Sayoud a mis l’accent sur « l’importance des cellules de vigilance mises en place au niveau des wilayas pour identifier et signaler rapidement tout dysfonctionnement », insistant sur leur rôle d’alerte précoce face aux éventuelles perturbations du marché.

La question des transports a également occupé une place centrale dans les directives ministérielles. Saïd Sayoud a insisté sur la nécessité de « garantir la disponibilité des transports en permanence, en particulier la nuit », une exigence directement liée aux habitudes de vie propres au mois de Ramadhan, où les déplacements nocturnes — après la rupture du jeûne et la prière des Tarawih — connaissent une forte hausse. Le ministre a précisé qu’il conviendrait d’« octroyer des autorisations exceptionnelles en cas de besoin », ouvrant ainsi la voie à des ajustements ponctuels des réseaux de transport urbain et interurbain selon les réalités de chaque wilaya.

Au-delà des marchés et des transports, c’est la qualité quotidienne du cadre de vie des citoyens qui a été au cœur des instructions. Le ministre a tenu à rappeler l’importance de « maintenir la propreté des lieux publics », un enjeu particulièrement sensible en période de Ramadhan, où la consommation de rue et l’affluence dans les espaces collectifs s’intensifient. Il a également enjoint aux walis d’« informer les citoyens à l’avance de toute coupure programmée de gaz, d’eau et d’électricité, tout en respectant la durée précise de chaque coupure et les horaires annoncés ». Une exigence de transparence et de respect des engagements pris vis-à-vis des usagers, qui traduit une volonté de rompre avec les pratiques de coupures impromptues qui alimentent la grogne populaire, notamment pendant les nuits de Ramadhan.

La réunion a également été l’occasion d’un bilan budgétaire. Le ministre a examiné, selon le communiqué, « une présentation détaillée du directeur général des Collectivités locales sur l’évaluation de la consommation des collectivités locales durant l’année » 2025, avant d’introduire les nouvelles enveloppes allouées pour l’exercice en cours. Un exercice de transparence financière qui vise à responsabiliser les gestionnaires locaux sur l’utilisation effective des dotations de l’État, dans un contexte où l’écart entre budgets alloués et programmes réellement exécutés demeure une préoccupation récurrente.

En clôture, Sayoud a donné des instructions fermes aux walis pour « veiller à la finalisation des programmes spécifiques à chaque wilaya et de suivre leur mise en œuvre dans les délais fixés ». Un message sans ambiguïté : les enveloppes budgétaires ne sont pas des acquis dormants, mais des engagements à honorer dans les temps. À travers cette réunion de coordination nationale, le ministre de l’Intérieur envoie un signal clair à l’ensemble de l’administration territoriale : le mois de Ramadhan n’est pas une parenthèse dans la gestion publique, mais un test grandeur nature de l’efficacité de l’État au plus près des citoyens.

Chokri Hafed

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