Cyclisme : Le Challenge Ramadhan lancé à Constantine
Lundi soir, sous les lumières de l’esplanade cycliste jouxtant la gare ferroviaire de Constantine, 38 jeunes coureurs issus de sept wilayas de l’Est algérien ont pris le départ du Challenge Ramadhan de cyclisme 2026, donnant le coup d’envoi d’une compétition juvénile qui ambitionne autant de former les champions de demain que d’animer sportivement le mois sacré.
Le cadre était insolite, la scène attachante. Sur ce circuit fermé en plein cœur de la ville, poussins et écoliers — garçons et filles confondus — se sont élancés pour la première épreuve d’un challenge qui court jusqu’au 7 mars prochain, sous l’égide de la Ligue de Constantine de cyclisme (LCC), en coordination avec la Direction de la jeunesse et des sports. Une belle image du sport algérien en mouvement, à l’heure où le Ramadhan invite souvent davantage à la table qu’à la pédale. Les chiffres donnent la mesure de l’événement : trente-huit compétiteurs répartis en trois catégories, avec vingt poussins garçons, dix écoliers garçons et huit écolières filles, représentant des clubs venus de Biskra, El-Tarf, Guelma, Sétif, Oum El-Bouaghi, Skikda et Constantine. Une géographie sportive qui dit l’ancrage régional du cyclisme dans l’Est du pays et l’attractivité croissante de cette discipline auprès des plus jeunes. La compétition s’articule autour de deux épreuves phares : le « Brevet du Jeune cycliste » et la « Course en ligne ». C’est la première qui a ouvert le bal lundi soir, proposant aux plus jeunes catégories un parcours aussi technique que formateur. Saber Meribout, directeur de l’organisation sportive à la LCC, en a détaillé la mécanique avec précision : « Cette compétition comprend plusieurs phases techniques distinctes consistant en le franchissement d’obstacles, le croisement d’obstacles, le passage étroit, les séquences successives, les virages sur longue distance, les trajectoires espacées ainsi qu’une phase de vitesse, outre des sections étroites et d’autres plus longues. » Un véritable parcours initiatique, pensé pour « développer les aptitudes d’équilibre, de maîtrise et de vitesse chez les jeunes cyclistes », comme il l’a souligné. Car derrière la compétition, c’est bien un projet de formation à long terme qui se dessine. Meribout l’a dit sans détour : l’objectif du Challenge Ramadhan est de « constituer une base juvénile, perfectionner les talents émergents et les préparer aux échéances régionales et nationales ». Une ambition qui dépasse largement le cadre festif du mois sacré, même si l’animation sportive du Ramadhan reste l’une des motivations affichées de l’événement. Il s’agit aussi, a-t-il précisé, de « consolider la culture de la pratique sportive régulière chez les enfants » — un enjeu de santé publique autant que sportif, dans un pays où la sédentarité progresse y compris dans les jeunes générations. Le choix de l’esplanade de la gare ferroviaire comme théâtre de ces épreuves n’est pas anodin. Ce site, devenu au fil des éditions un espace dédié au cyclisme urbain, offre un circuit sécurisé et visible, exposant la discipline au regard des passants et contribuant à en populariser l’image. Le cyclisme algérien a longtemps souffert d’un déficit de visibilité face aux sports collectifs dominants ; des initiatives comme celle-ci, ancrées dans le tissu urbain et ouvertes à tous, participent à changer cette donne.
Jusqu’au 7 mars, Constantine vivra donc au rythme de ce challenge, dont les prochaines étapes introduiront la course en ligne pour les catégories benjamins et cadets. Pour les clubs engagés, les enjeux sportifs sont réels : bien des jeunes coureurs qui s’élancent ce soir sur l’esplanade nourriront l’ambition de figurer, dans quelques années, sur les podiums nationaux. Le Challenge Ramadhan, modeste en apparence, est souvent le premier chapitre d’une plus grande histoire.
M. Dahleb

