Culture

Sidi Bel-Abbès : Leïla Borsali enchante le Ramadhan au rythme du tarab andalou

Il est des soirées qui s’inscrivent dans la mémoire d’une ville bien après que les dernières notes se sont éteintes. Celle du lundi 23 février 2026 à la Maison de culture et des arts « Kateb Yacine » de Sidi Bel-Abbès en fut une. Dans le cadre du programme d’animation des nuits de Ramadhan, la chanteuse Leïla Borsali a offert au public de la cité de l’Aiguille un récital d’une rare intensité, convoquant l’héritage millénaire de la musique andalouse avec une élégance qui a visiblement conquis une salle comble, réunie autour de ce genre musical aussi précieux que fragile. C’est à travers un bouquet de mouachahate et de poèmes du patrimoine andalou que l’artiste a ouvert le bal, voix posée, diction soignée, autorité musicale certaine. Naviguant avec aisance entre différents maqâms et rythmes, elle a su ressusciter des pièces du répertoire classique en leur insufflant une sensibilité toute personnelle, faisant de chaque interprétation une traversée autant esthétique que spirituelle. Les applaudissements qui ont rythmé la soirée témoignaient, s’il en était besoin, de la communion qui s’était établie entre la scène et le public. La dimension ramadanesque n’a fait qu’amplifier la magie de l’événement. Dans ce mois où le recueillement le dispute à la fête, les mélodies envoûtantes de Leïla Borsali ont trouvé un écho particulier, transformant la salle en un espace suspendu entre élévation spirituelle et jouissance musicale. Pour beaucoup de spectateurs présents, cette soirée aura incarné ce que la culture algérienne sait faire de mieux : garder vivant un héritage sans le figer, le transmettre sans le trahir.

À l’issue du concert, l’artiste elle-même a exprimé le plaisir que lui a procuré cette rencontre avec le public sidi-bel-abbésien. « La musique andalouse n’est pas seulement un genre artistique, mais un message culturel et esthétique porteur de valeurs d’authenticité et de raffinement », a-t-elle déclaré avec conviction, ajoutant que « la préservation de ce patrimoine constitue une responsabilité collective nécessitant un soutien continu aux initiatives culturelles porteuses de sens ». Des propos qui résonnent comme un appel autant qu’un engagement personnel.

Du côté des institutions, la soirée s’inscrit dans une démarche délibérée. Abdelhak Amer Benrahou, directeur de la Culture et des Arts de la wilaya, a précisé que l’événement fait partie d’un programme structuré « visant à promouvoir l’action culturelle locale et à offrir au public l’opportunité de découvrir différents genres musicaux patrimoniaux ». Il a également souligné que la direction entend poursuivre dans cette voie en « accueillant des artistes de renom afin d’enrichir la scène culturelle de la wilaya », confirmant ainsi une ambition qui dépasse le cadre du simple divertissement saisonnier.

Dans le public, l’heure était à l’enthousiasme. Plusieurs spectateurs ont salué le niveau artistique exceptionnel de la soirée, estimant que de telles manifestations « contribuent à ancrer le goût artistique raffiné et à renforcer l’attachement au patrimoine musical national ». Une remarque qui dit beaucoup sur la soif culturelle d’un public souvent sous-estimé, prêt à se déplacer, à écouter, à applaudir longuement — comme il l’a fait ce soir-là — une artiste qui lui a offert bien plus qu’un concert. D’autres soirées sont annoncées tout au long du mois sacré, avec des programmes variés articulés autour du patrimoine authentique.

M.S.

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