Nettoyage ethnique en Palestine occupée : L’ONU tire la sonnette d’alarme
Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a lancé jeudi un avertissement sans précédent devant le Conseil des droits de l’homme à Genève.
Volker Turk a souligné que les actions menées par l’occupation sioniste en Cisjordanie et dans la bande de Ghaza occupées visent à créer un changement démographique permanent, faisant planer la menace d’un nettoyage ethnique. Cette déclaration intervient alors que l’offensive militaire sioniste dans le nord de la Cisjordanie, qui dure depuis plus d’un an, a déjà déplacé 32.000 Palestiniens de leurs foyers. Le ministère des Affaires étrangères palestinien a salué le rapport exhaustif du Haut-commissariat, qui documente de manière juridique et professionnelle l’ampleur des crimes et violations graves commis par les forces d’occupation. Le rapport conclut qu’il existe des indices sérieux indiquant la commission de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et même de génocide contre le peuple palestinien. Cette analyse confirme le ciblage systématique des civils sans discrimination, la destruction généralisée des habitations, les déplacements forcés massifs et les attaques contre les hôpitaux, écoles et infrastructures protégées par le droit international.
Le génocide perpétré à Ghaza et la création de conditions de vie catastrophiques, notamment la famine imposée et les déplacements forcés, ne constituent pas des incidents isolés. Ils s’inscrivent dans la continuité d’un système d’occupation illégal fondé sur l’assujettissement, la répression et le déni du droit palestinien à l’autodétermination. Ces crimes révèlent la nature structurelle de l’occupation et sa persistance à violer le droit international malgré la pression internationale et les résolutions de l’ONU, y compris les mesures conservatoires contraignantes de la Cour internationale de Justice. En Cisjordanie, y compris à El-Qods occupée, les arrestations arbitraires, la torture, l’expansion accélérée des colonies, les confiscations de terres, les démolitions et la promulgation de lois racistes se poursuivent dans un climat d’impunité totale. La violence des colons, protégée par l’armée d’occupation, s’intensifie alors que les camps de réfugiés sont détruits et que les déplacements forcés s’accélèrent.
L’Organisation de la coopération islamique, réunie en session d’urgence à Djeddah, a fermement condamné l’expansion des colonies dans les territoires palestiniens occupés. Elle a appelé à la mise en œuvre complète du cessez-le-feu, au retrait des forces d’occupation israéliennes et à l’acheminement ininterrompu de l’aide humanitaire vers Ghaza, ravagée par deux ans de guerre génocidaire. L’OCI a réaffirmé l’unité du territoire palestinien et annoncé des mesures politiques et juridiques pour contester les politiques israéliennes.
Le ministère palestinien a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour qu’elle dépasse les simples déclarations de condamnation et prenne des mesures concrètes. Il exige une action immédiate dans les instances juridiques et diplomatiques pour mettre fin aux crimes de l’occupation, garantir la responsabilité des auteurs, briser le cycle d’impunité et assurer une protection internationale urgente au peuple palestinien.
Lyes Saïdi

