Ramadhan 2026 : Un dispositif adapté déployé dans les résidences universitaires
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a mis en place un programme spécial pour le mois de Ramadhan, visant à optimiser les prestations au sein des résidences universitaires qui accueillent près de 568.000 étudiants. Entre amélioration de la restauration, animation spirituelle et digitalisation des services, l’objectif est de garantir aux résidents un climat propice à la piété tout en maintenant leur confort quotidien.
Ce dispositif ambitieux a été détaillé par Daoudi Abdel Jabbar, conseiller du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Selon ses explications relayées par l’APS, ce programme vise à fournir des prestations universitaires « de qualité » pendant le mois sacré, « en vue de consolider l’esprit familial et d’animer la vie religieuse et culturelle au niveau des résidences ». L’enjeu est de taille pour les autorités universitaires, qui doivent assurer le bien-être d’une population étudiante importante répartie dans 429 résidences à travers le territoire national. Au cœur de ce dispositif figure la restauration universitaire, pilier essentiel du quotidien des étudiants durant ce mois de jeûne. Les services concernés ont élaboré un programme alimentaire équilibré comprenant des repas traditionnels, auxquels s’ajoute le Souhour, le repas d’avant l’aube. Le ministère insiste particulièrement sur le respect des normes de qualité et d’hygiène dans la préparation de ces repas, confiée à un personnel qualifié. Pour garantir cette exigence, « des mesures préventives ont été mises en place, afin de garantir la réception des produits alimentaires conformément au cahier des charges », a précisé Daoudi Abdel Jabbar. Le conseiller a également rappelé l’attention particulière accordée aux prestations destinées aux étudiants, soulignant notamment le maintien du prix symbolique du repas, toujours fixé à 1,2 dinar, une politique sociale qui témoigne de la volonté de l’État d’accompagner les étudiants. Les chiffres illustrent l’ampleur de cette mobilisation. Dès le premier jour du mois sacré, « 887.281 repas (iftar et souhour) ont été servis dans les 429 résidences universitaires à l’échelle nationale », a indiqué le conseiller du ministre. Pour garantir la bonne gestion de ces prestations et permettre une réactivité optimale face aux éventuels dysfonctionnements, le ministère mise sur la digitalisation. Des plateformes numériques, à l’instar de « inchighalati », ont été mises à la disposition des étudiants pour leur permettre de formuler leurs préoccupations et de signaler d’éventuelles lacunes. Ces dispositifs technologiques s’accompagnent d’un renforcement du contrôle traditionnel, à travers des visites régulières des restaurants universitaires, selon Daoudi Abdel Jabbar.
Une plateforme numérique pour choisir les repas
L’innovation numérique franchit une nouvelle étape avec le lancement, au cours de cette semaine, d’une plateforme permettant à l’étudiant de choisir le restaurant universitaire ainsi que le type de repas souhaité, qu’il s’agisse du petit-déjeuner, du déjeuner ou du dîner, et ce tout au long de l’année. Ce système facilite non seulement le suivi des réservations mais permet également de fixer la consommation réelle, s’inscrivant ainsi dans la politique gouvernementale de rationalisation des dépenses publiques et d’amélioration de la qualité de la vie universitaire grâce à une gestion intelligente des ressources.
L’implication directe de la tutelle se manifeste à travers les visites de terrain du ministre Kamel Baddari. Depuis le début du mois de Ramadhan, le ministre effectue des visites inopinées dans les cités universitaires afin d’inspecter les prestations offertes aux étudiants, partageant par la même occasion le repas de rupture de jeûne avec eux. Cette présence du premier responsable du secteur traduit la volonté de proximité avec les préoccupations quotidiennes des étudiants. Au-delà de l’aspect matériel, le programme accorde une place importante à la dimension spirituelle et culturelle du Ramadhan. Les résidences universitaires à travers le pays organisent des concours religieux ainsi que des activités culturelles, dont des spectacles de théâtre. Ces initiatives visent à recréer l’atmosphère particulière du mois sacré et à renforcer les liens entre résidents. Des campagnes de sensibilisation sur la nutrition saine durant le Ramadhan sont également menées, accompagnées d’opérations de don de sang et d’iftars collectifs réunissant étudiants algériens et étrangers, favorisant ainsi le brassage culturel et le partage des valeurs de solidarité propres à ce mois. Conscient des contraintes horaires spécifiques au Ramadhan, le ministère a également adapté les horaires du transport universitaire en coordination avec les services pédagogiques. Daoudi Abdel Jabbar a invité les étudiants à consulter ces nouveaux horaires via la plateforme « My Bus », poursuivant ainsi la logique de digitalisation des services qui caractérise cette rentrée particulière du mois de Ramadhan dans l’espace universitaire algérien.
Chokri Hafed

