Campagne contre Imane Khelif : Berraf dénonce un complot orchestré par des Algériens
Le président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), Mustapha Berraf, a violemment dénoncé vendredi soir à Alger la campagne de dénigrement dont a été victime la championne olympique de boxe Imane Khelif après son sacre aux Jeux de Paris 2024. Le dirigeant sportif a pointé du doigt « certains Algériens et ennemis du pays » qui auraient tout mis en œuvre pour déchoir la pugiliste algérienne de sa médaille d’or conquise chez les welters.
Sacrée en boxe dans la catégorie des welters aux Jeux Olympiques de Paris, Imane Khelif a fait l’objet d’une campagne de dénigrement sans précédent avant et après sa médaille d’or, avec une polémique mondiale sur son genre totalement injustifiée et qui a rapidement pris des proportions démesurées. Mustapha Berraf, récemment réélu membre du Comité international olympique, est revenu longuement sur cet épisode douloureux lors d’une conférence de presse consacrée aux grandes lignes de la stratégie olympique continentale pour le mandat 2025-2029. Selon lui, si la machination contre l’Algérienne a effectivement battu son plein dans les médias étrangers, ce sont bien des Algériens « ennemis de la Nation » qui ont mené l’offensive la plus destructrice.
« Ils l’ont attaquée. C’est plus une question d’intérêt personnel qu’autre chose, je n’ai pas envie de rentrer plus dans les détails », a déclaré le président de l’ACNOA, sans toutefois révéler l’identité de ces personnes. Il a néanmoins précisé qu' »un rendez-vous est pris auprès de la justice algérienne et internationale pour mettre les choses au clair ». Le dirigeant a ensuite révélé l’ampleur de cette entreprise de démolition en affirmant que « certains Algériens en étaient arrivés jusqu’à contacter le CIO pour la déchoir de sa médaille olympique ».
Face à cette attaque, Mustapha Berraf assure avoir été contraint d’intervenir personnellement. « J’ai dû intervenir pour mettre fin à cette procédure dans le respect des règlements en vigueur », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que « Kirsty Coventry, présidente du CIO, a estimé que Khelif a mérité sa médaille ». Le responsable sportif a également tenu à souligner le soutien des plus hautes autorités de l’État dans cette affaire : « On a eu le soutien absolu de la part du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans cette affaire. »
Concernant la question du genre d’Imane Khelif qui a alimenté la polémique, Mustapha Berraf se veut catégorique et rassurant. « Au niveau du CIO, la question ne se pose plus », assure-t-il, tout en reconnaissant que la Fédération internationale de boxe exige des tests supplémentaires. « Elle doit les faire. On va faire en sorte que la vérité éclate et qu’elle soit dans ses droits », a ajouté le président de l’ACNOA, appelant la presse algérienne et le peuple algérien à soutenir leur championne. Le dirigeant a tenu à défendre fermement l’intégrité de la boxeuse. « Imane est notre fille. C’est une championne », a-t-il déclaré avec conviction, avant de préciser : « Imane Khelif est une Algérienne et une fille née algérienne. Elle a quelques problèmes physiologiques qui seront rapidement résorbés. » Cette déclaration vise à contrer les attaques de certaines personnalités internationales, dont le président américain Donald Trump qui l’avait frontalement accusée de « ne pas être une femme ».
Quant à l’avenir sportif de la championne olympique, Mustapha Berraf se montre optimiste concernant sa participation aux prochains Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. « La nouvelle fédération internationale de boxe qui agit avec plus de probité et plus de compétences pourrait lui permettre d’être qualifiée aux prochains JO de Los Angeles », a-t-il assuré. Récemment, la boxeuse elle-même avait déclaré avoir bon espoir d’être sur les rings californiens. Passée professionnelle, elle ne renonce pas pour autant à sa couronne olympique chez les amateurs qu’elle compte bien préserver, dans une démarche de défense de son titre qui en dit long sur sa détermination à faire taire définitivement ses détracteurs.
M. Dahleb

