Économie

Dans un contexte de crise au détroit d’Ormuz : L’OPEP+ augmente sa production de 206 000 barils/jour

L’Algérie et sept autres pays de l’OPEP+ ont décidé, ce dimanche, d’augmenter leur production pétrolière de 206 000 barils par jour à partir du mois d’avril prochain, une décision qui intervient dans un contexte géopolitique particulièrement explosif. Alors que le détroit d’Ormuz vient d’être fermé par l’Iran ce dimanche, en réaction à l’attaque américano-israélienne menée contre le territoire iranien samedi, les marchés pétroliers s’apprêtent à affronter une possible flambée des prix dès l’ouverture des bourses ce lundi matin. Cette décision stratégique a été prise lors d’une réunion ministérielle de coordination tenue par visioconférence, regroupant les huit pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés non membres qui mettent en œuvre des réductions volontaires de production, à savoir l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït, Oman et la Russie. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a participé à cette rencontre cruciale dont les implications dépassent largement le cadre technique habituel des ajustements de production.

Selon le communiqué du ministère  des Hydrocarbures et des Mines, les participants ont pris cette décision à l’issue d’un « échange approfondi et constructif sur les perspectives à court terme du marché pétrolier international, dans un environnement économique encore empreint d’incertitudes, mais porteur de signes encourageants d’amélioration graduelle ». L’OPEP a précisé dans son communiqué officiel publié sur son site web que les « huit pays de l’OPEP+ qui avaient précédemment annoncé des ajustements volontaires supplémentaires en avril et novembre 2023, à savoir l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman, se sont réunis virtuellement le 1er mars 2026 pour examiner les conditions et les perspectives du marché mondial ». L’organisation a souligné que cet ajustement a été décidé « en vue de perspectives économiques mondiales stables et de fondamentaux de marché sains, reflétés par des niveaux de stocks de pétrole faibles ».

Le communiqué précise également que « les huit pays participants ont décidé de reprendre la réduction progressive de l’ajustement volontaire supplémentaire de 1,65 million de barils par jour annoncé en avril 2023 et ont convenu d’un ajustement de production de 206 000 barils par jour ». Cette mesure, qui sera mise en œuvre en avril 2026, s’inscrit dans le cadre du plan de retour progressif aux niveaux de production antérieurs aux réductions volontaires, plan qui avait été entamé en avril 2025 avant d’être suspendu durant le premier trimestre 2026. Les ministres réunis ont souligné que « la modération actuelle de la demande, principalement liée à des facteurs saisonniers, devrait progressivement s’atténuer, laissant place à un raffermissement progressif de la consommation au cours des prochains mois », selon le communiqué du ministère algérien. Une analyse qui pourrait être rapidement remise en cause si la crise du Golfe venait à perturber durablement les flux d’approvisionnement mondiaux.

Pour l’Algérie, cette décision se traduit concrètement par une hausse de 6 000 barils par jour à partir d’avril, portant sa production journalière à 977 000 barils. Un ajustement mesuré qui s’inscrit dans la logique prudente adoptée par l’ensemble des pays participants.

L’OPEP a toutefois tenu à préciser que « le volume de 1,65 million de barils par jour pourra être restitué en partie ou en totalité en fonction de l’évolution des conditions du marché et de manière progressive ». L’organisation a réaffirmé que « les pays continueront de surveiller et d’évaluer de près les conditions du marché et, dans leurs efforts continus pour soutenir la stabilité du marché, ils ont réaffirmé l’importance d’adopter une approche prudente et de conserver une pleine flexibilité pour augmenter, suspendre ou inverser l’élimination progressive des ajustements volontaires de production ». Cette flexibilité prend tout son sens dans le contexte actuel. Les huit pays de l’OPEP+ se sont notamment réservé la possibilité d’inverser « les ajustements volontaires précédemment mis en œuvre de 2,2 millions de barils par jour annoncés en novembre 2023 » si les circonstances l’exigeaient. Une clause de sauvegarde qui pourrait s’avérer cruciale si la fermeture du détroit d’Ormuz venait à se prolonger. Les participants ont également noté que cette mesure de réajustement « offrira aux pays participants l’opportunité d’accélérer leurs compensations », tout en réitérant « leur engagement collectif à atteindre une pleine conformité avec la Déclaration de coopération ». Les huit pays se sont engagés à tenir des réunions mensuelles pour examiner les conditions du marché, la conformité et les compensations, la prochaine rencontre étant fixée au 5 avril 2026.

Samira Ghrib

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