Détournement à la faculté de droit d’Annaba : Un mandat d’arrêt contre le comptable
Le comptable de la faculté de droit de l’université Badji Mokhtar d’Annaba est activement recherché après le détournement de 3 milliards de centimes. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre par le juge d’instruction du tribunal d’El Hadjar, suite à la découverte d’un système frauduleux de prélèvements sur les salaires et primes des employés. Secouée par un scandale sans précédent, la faculté de droit de l’université Badji Mokhtar a enregistré un détournement de fonds, dont l’auteur n’est autre que le responsable de la comptabilité.
Selon les informations obtenues auprès d’une source juridique, le désormais ex-comptable de la faculté de droit relevant de l’université Badji Mokhtar a détourné des fonds estimés à pas moins de trois milliards de centimes. Les précisions apportées par les mêmes sources sur cette affaire font état d’un signalement interne concernant des anomalies constatées dans les fiches des salaires et de primes des employés de la faculté. Ces irrégularités, relevées par plusieurs agents, ont rapidement attiré l’attention du ministère de l’Enseignement supérieur, qui a dépêché une équipe d’investigation, nous dit-on. La vérification menée par les contrôleurs a révélé un important déficit, ont expliqué les mêmes sources. Au titre du rapport établi par les enquêteurs dépêchés par le ministère de tutelle, il a été découvert un trou financier de pas moins de trois milliards de centimes manquant dans les comptes de l’établissement, a-t-on précisé.
Les enquêteurs ont découvert, a-t-on expliqué, un stratagème sophistiqué mis en place par H.K. Celui-ci, qui n’est autre que le comptable, selon les révélations du contrôle et de l’enquête, procédait à des prélèvements (retraits) ciblés sur les fonds destinés aux employés, en particulier les primes et les cotisations sociales. Pour masquer ses manipulations, il étalait ces opérations sur des périodes différées, rendant ainsi plus difficile la détection immédiate des écarts et, du coup, des irrégularités. Une technique qui lui a permis de passer inaperçu pendant longtemps, jusqu’à ce que les fonds manquants deviennent trop importants pour passer inaperçus et être ignorés. Les écarts financiers, de plus en plus visibles, ont fini par révéler un trou budgétaire énorme. Faisant l’objet d’un interrogatoire initial, le comptable a tenté de se défendre en mettant en avant ses difficultés financières personnelles, la cherté de la vie et des contraintes sociales qui l’auraient poussé à agir. Des arguments jugés irrecevables et impardonnables par les enquêteurs et les responsables. Ces derniers ont estimé que cela ne saurait justifier cet acte de détournement de fonds publics, encore moins le vol des cotisations de retraite et des primes de centaines d’employés, ont encore ajouté les mêmes sources. Celles-ci ont révélé que les justifications apportées par le comptable ont fait de lui le premier et principal mis en cause dans cette affaire de détournement de fonds, qui vient, et pour la première fois, d’entacher l’université Badji Mokhtar d’Annaba.
Se sachant coupable et passible de poursuites pénales, le comptable s’est soudainement évaporé dans la nature, nous dit-on. Cette disparition soudaine, survenue après les premières révélations, ne fait qu’alourdir son dossier et renforcer les accusations pesant sur lui. Les éléments recueillis par les enquêteurs, ainsi que les preuves matérielles, l’incriminent de manière directe et catégorique. Ainsi, considéré comme étant le principal auteur et accusé, et selon la même source juridique, le juge d’instruction près du tribunal d’El Hadjar a émis un mandat d’arrêt contre le comptable répondant aux initiales H.K., qui est activement recherché par les services de sécurité.
Par ailleurs, on apprend que depuis la fuite du comptable, l’enquête se poursuit au sein du service de comptabilité de la faculté de droit. Les autorités cherchent à déterminer s’il y a eu une éventuelle complicité d’un quelconque employé ou un bénéficiaire indirect de ce système frauduleux. Les investigations se focalisent, nous dit-on, sur les circuits financiers internes, les validations de fiches et les signatures, afin de déterminer si le principal suspect (H.K.) a agi seul ou avec l’appui d’un réseau, a-t-on encore ajouté.
Sofia Chahine

