KPMG mise sur une accélération des transformations économiques en Algérie : Un PIB de près de 310 milliards de dollars en 2026 !
Selon le Guide Investir en Algérie publié en février 2026 par KPMG Algérie, l’économie algérienne aborde l’exercice 2026 dans une dynamique de consolidation et de transformation. Après le choc de 2020 lié à la pandémie, puis le fort rebond tiré par la remontée des cours des hydrocarbures en 2021 et 2022, la trajectoire actuelle se veut plus structurelle, fondée sur la diversification et l’amélioration du climat des affaires.
La loi de finances pour 2026 annonce un produit intérieur brut de 41 878 milliards de dinars. Sur la base d’un taux de change moyen proche de 135 dinars pour un dollar, cela représente un PIB d’environ 310 milliards de dollars. À titre de comparaison, le PIB s’établissait à 32 589 milliards de dinars en 2023, soit près de 240 à 245 milliards de dollars selon le taux de change observé cette année-là. Cette progression traduit une montée en puissance significative de la richesse nationale en l’espace de trois exercices.
Ces projections s’inscrivent explicitement dans l’objectif fixé par le président Abdelmadjid Tebboune d’atteindre 400 milliards de dollars de PIB à l’horizon 2027. L’ambition est claire : franchir un nouveau palier économique en combinant stabilité macroéconomique, montée en régime du secteur privé et valorisation des atouts énergétiques et géostratégiques du pays. Avec une population de 46,7 millions d’habitants au 1er janvier 2024 et une urbanisation croissante, le marché intérieur demeure un levier central de croissance, renforcé par la profondeur africaine et méditerranéenne de l’économie algérienne.
Les indicateurs récents traduisent une résilience certaine. La part des hydrocarbures représente 14 % du PIB, mais demeure déterminante pour les équilibres extérieurs, avec 86 % des recettes en devises en 2023, souligne le cabinet de consulting. Les réserves de change ont atteint 69 milliards de dollars en 2023, tandis que l’encours de la dette extérieure reste contenu à un peu plus de 3 milliards de dollars, positionnant l’Algérie parmi les pays les moins endettés de la région MENA. Cette situation confère des marges de manœuvre appréciables pour soutenir les investissements publics et accompagner la transformation productive, souligne le rapport.
Au-delà des chiffres, l’année 2026 s’annonce comme celle de l’approfondissement des réformes. Le nouveau cadre juridique de l’investissement consacre la liberté d’investir, renforce les garanties offertes aux investisseurs et clarifie les mécanismes de transfert des capitaux. L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le Conseil national de l’investissement (CNI) sont appelés à jouer un rôle structurant dans l’orientation et l’accompagnement des projets, avec des dispositifs d’avantages ciblés vers les secteurs prioritaires. KPMG souligne que l’amélioration du climat des affaires constitue un axe majeur de la stratégie gouvernementale. La simplification des procédures d’immatriculation, la modernisation de la réglementation des changes, la réforme des marchés publics à travers la loi n°23-12 et la digitalisation progressive de l’administration contribuent à renforcer la prévisibilité et la transparence. Le renforcement du droit de la concurrence et la sécurisation des transactions participent également à l’édification d’un environnement plus attractif pour l’investissement privé, national et étranger.
La diversification économique reste toutefois le défi central pour consolider la trajectoire vers 400 milliards de dollars. Les pouvoirs publics misent sur l’industrialisation, le développement des filières agricoles et agroalimentaires, la valorisation des ressources minières, ainsi que l’essor des services financiers et des télécommunications, ajoute le document qui précise que le secteur privé, qui représente déjà 70 % du PIB hors hydrocarbures, est appelé à jouer un rôle moteur dans cette nouvelle phase de croissance.
Plusieurs recommandations s’imposent pour sécuriser cette dynamique, selon KPMG. D’abord, accélérer la digitalisation complète des procédures administratives afin de réduire les délais et les coûts pour les entreprises. Ensuite, consolider la stabilité réglementaire et fiscale pour renforcer la visibilité des investisseurs à moyen terme. Il importe également de poursuivre la modernisation du système financier afin de diversifier les sources de financement et soutenir l’innovation. Enfin, l’investissement dans le capital humain — formation, adéquation des compétences aux besoins des filières stratégiques — devra rester une priorité pour accompagner la montée en gamme de l’économie nationale.
À l’aube de 2026, l’Algérie affiche ainsi une trajectoire ascendante : un PIB projeté à près de 310 milliards de dollars, une dette extérieure maîtrisée et une ambition présidentielle clairement affirmée d’atteindre 400 milliards de dollars en 2027.
Amar Malki

