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Le guide suprême et plusieurs hauts responsables iraniens tués : La guerre s’intensifie dans le Golfe

Le Moyen-Orient est plongé dans une crise d’une volatilité inédite.

La guerre déclenchée dans le Golfe dans le sillage de l’agression, lancée conjointement par les États-Unis et l’entité sioniste samedi, a coûté la vie au guide suprême de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué samedi dans une série de frappes américaines et israéliennes contre Téhéran et plusieurs villes du pays, marquant un tournant majeur dans l’escalade militaire en cours dans le Golfe. Sa mort, annoncée par les autorités iraniennes qui ont décrété quarante jours de deuil national, s’accompagne d’un lourd bilan humain et d’une polarisation internationale croissante autour de ce nouveau front de crise au Moyen‑Orient.   Selon l’agence officielle Irna et la télévision d’État, Ali Khamenei a trouvé la mort dans son bureau lors des bombardements qui ont visé la capitale iranienne. Des médias iraniens font état de la mort de plusieurs membres de sa famille ainsi que de hauts responsables civils et militaires, parmi lesquels le chef d’état-major des armées Abdolrahim Mousavi, le commandant des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour, le secrétaire du Conseil de défense Ali Shamkhani et le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh. Le Croissant-Rouge iranien fait état d’au moins 201 morts et 747 blessés sur le territoire national, tandis que des frappes ont également touché des infrastructures civiles, dont une école de filles à Téhéran. 

L’attaque lancée le 28 février par les États-Unis et l’entité sioniste intervient alors que des négociations étaient en cours entre Washington et Téhéran. Les deux alliés affirment viser des objectifs liés au « régime iranien ». En représailles, l’Iran a lancé une salve de missiles et de drones contre l’entité sioniste ainsi que contre des bases américaines situées dans plusieurs pays du Golfe, notamment au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Dans le même temps, une attaque à la bombe dans la ville frontalière de Mehran, attribuée par Téhéran à des éléments liés à Washington et Tel‑Aviv, a fait 22 morts et 21 blessés, dont 11 militaires, accentuant le climat de guerre ouverte. 

Sur le plan institutionnel, le président iranien Massoud Pezeshkian a annoncé l’entrée en fonctions d’un Conseil provisoire de direction chargé d’exercer les prérogatives du Guide suprême conformément à l’article 111 de la Constitution. Dans une allocution télévisée, il a présenté Khamenei comme « martyr » et promis la poursuite des opérations contre les « bases ennemies ». Il a qualifié l’assassinat du dirigeant iranien de « guerre ouverte contre les musulmans », estimant que la vengeance constituait pour la République islamique un « devoir » et un « droit légitime ». Le secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a pour sa part menacé de frapper les États-Unis et l’entité sionsite « avec une force sans précédent ». 

L’escalade militaire s’est immédiatement invitée aux instances multilatérales. À Vienne, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) tiendra lundi une réunion extraordinaire de son Conseil des gouverneurs, à la demande de la Russie et de l’Iran, pour examiner les conséquences des frappes sur la sécurité nucléaire dans la région. L’AIEA a exhorté les parties à la retenue, mettant en garde contre tout risque pour les installations sensibles et les populations du Moyen-Orient.   Sur la scène internationale, plusieurs capitales appellent à un retour rapide à la diplomatie. L’Algérie, la Tunisie, Oman, la Chine et la Russie se sont prononcées pour un cessez-le-feu et une désescalade, soulignant le danger d’un embrasement régional aux conséquences imprévisibles. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a parlé d’une « grave menace » pour la paix et la sécurité internationales, rappelant qu’« il n’existe pas d’alternative à la résolution pacifique des conflits ». Le pape Léon XIV a lui aussi dénoncé la « spirale de la violence » et appelé, place Saint‑Pierre, à redonner la priorité au dialogue « raisonnable, sincère et responsable ».   Pékin a condamné « avec force » ce qu’elle qualifie de « grave violation de la souveraineté et de la sécurité de l’Iran » et d’atteinte aux principes de la Charte de l’ONU. Moscou a dénoncé un assassinat commis « en violation cynique » du droit international, tout en rendant hommage à Khamenei, décrit comme un « homme d’État exceptionnel » et un partenaire clé dans le développement du partenariat stratégique russo‑iranien. 

Au-delà du Golfe, la mort du guide suprême et les frappes contre l’Iran suscitent des réactions en chaîne. Au Pakistan, des manifestations devant le consulat américain à Karachi ont dégénéré : au moins six à huit personnes ont été tuées lors d’affrontements entre la police et des protestataires qui dénonçaient l’attaque américano‑israélienne. En Europe, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé qu’« un seuil vers un avenir incertain » avait été franchi, appelant l’Iran à cesser ses attaques tout en soulignant le tournant que représente la disparition du dirigeant iranien. 

Sur le plan militaire, les opérations se poursuivent. L’armée d’occupation israélienne a revendiqué dimanche une nouvelle vague de frappes aériennes sur Téhéran, tandis que des explosions étaient signalées dans plusieurs quartiers du nord de la capitale. Le commandement américain pour le Moyen‑Orient (Centcom) a annoncé avoir coulé un navire de guerre iranien de classe Jamaran au large de Chabahar, dans le golfe d’Oman, au début de l’« opération Fureur épique ».

Lyes Saïdi

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