Culture

Musique : Rabah Asma enflamme Tizi-Ouzou

En pleine effervescence des soirées ramadhanesques, la Maison de la culture Maison de la culture Mouloud Mammeri a vibré, dimanche soir, au rythme des chansons de Rabah Asma.

Devant un public nombreux et conquis, l’icône de la chanson kabyle des années 1990 a revisité un répertoire qui a bercé plusieurs générations, confirmant, une fois encore, son statut d’artiste populaire et intergénérationnel. Dès les premières notes, l’ambiance s’est chargée d’émotion et de nostalgie. Dans une salle comble, familles et jeunes mélomanes ont repris en chœur des titres devenus incontournables. L’artiste, qui n’a rien perdu de sa présence scénique, a puisé dans ses succès d’hier et d’aujourd’hui pour offrir un concert généreux et rythmé. Le voyage musical a traversé ses premières chansons à succès, de « Adhu » (Vent) à « Arjouyé » (Attends-moi), en passant par « Dh kem » (C’est toi), « Ldzayer » (L’Algérie), « Iguider » (Le faucon) ou encore « Inas » (Dis-lui). Autant de titres qui ont façonné sa notoriété et marqué durablement la mémoire collective. Porté par un jeu musical maîtrisé et des prouesses vocales intactes, Rabah Asma a su maintenir le public en haleine tout au long de la soirée. Dans l’assistance, l’émotion était palpable. « C’est toujours un plaisir de venir voir Rabah Asma, qui est resté le même, un artiste qui sème la joie et qui fait un travail formidable et propre sur tous les plans », confie une spectatrice venue accompagnée de ses deux filles. Avec un sourire, elle précise que celles-ci « n’étaient pas nées » lorsqu’elle écoutait déjà ses chansons dans les années 1990, illustrant ainsi la transmission générationnelle opérée par l’artiste.

Moment fort de la soirée, Rabah Asma a tenu à rendre hommage au regretté Matoub Lounès. Il a interprété l’un de ses titres en communion avec la salle, invitant le public à reprendre le refrain dans une atmosphère chargée de respect et de recueillement. Ce clin d’œil appuyé à une figure majeure de la chanson kabyle a suscité une ovation nourrie. Ce concert s’inscrit dans le cadre du programme d’animation culturelle mis en place durant le mois sacré. La Maison de la culture Mouloud Mammeri accueille ainsi plusieurs artistes de renom pour rythmer les soirées ramadanesques. En parallèle, des rendez-vous dédiés au chaâbi sont proposés chaque jeudi et vendredi. Le coup d’envoi sera donné jeudi prochain avec un récital réunissant Nacer-Eddine Galiz, Omar Kheloui et Sid-Ali Lekkam, suivi vendredi par Mohamed Mammar.

Jusqu’au 13 mars, une pléiade de chanteurs chaâbi, figures établies et nouveaux talents, se succéderont sur scène, confirmant la vitalité de la scène musicale locale. À Tizi-Ouzou, le Ramadhan se vit ainsi au rythme des notes et des voix, dans un esprit de partage et de convivialité où la culture occupe, plus que jamais, le devant de la scène.

Mohand Seghir

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