Culture

15e édition du festival national de la chanson chaâbi : Hommage à deux icônes du chaâbi

Le Palais de la Culture Moufdi-Zakaria d’Alger accueillera du 9 au 12 mars la 15e édition du Festival culturel national de la chanson chaâbi, qui verra s’affronter seize jeunes talents sélectionnés parmi plus de cinquante candidats issus de différentes wilayas du pays. Cette manifestation, placée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, rendra également hommage à deux figures emblématiques du genre, Cheikh El Hadj Bourahla et Cheikh Khalifa Belkacem.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi au Palais de la Culture, le commissaire du festival, Abdelkader Bendameche, a détaillé le programme de cette édition qui conjugue compétition artistique et transmission patrimoniale. Les seize concurrents qualifiés, « sélectionnés parmi plus de 50 concurrents issus de plusieurs wilayas lors des phases éliminatoires », a-t-il précisé, se disputeront trois prix d’une valeur respective de 200.000 dinars pour la première place, 150.000 dinars pour la deuxième et 100.000 dinars pour la troisième. Le jury de cette édition sera présidé par l’artiste El Hadi El Anka, figure tutélaire du chaâbi contemporain. Cette manifestation, a souligné Abdelkader Bendameche, sera « dédiée à la mémoire de deux icônes de la chanson chaâbi », Cheikh El Hadj Bourahla, disparu en 1984, et Cheikh Khalifa Belkacem, mort en 1951, « en hommage à leur contribution au développement de ce genre musical authentique et au riche patrimoine musical légué ». Au-delà de la compétition, l’événement proposera « un programme artistique varié » étalé sur les soirées du mois de Ramadan, avec la participation de voix reconnues du chaâbi ainsi que la projection de films documentaires consacrés aux deux artistes honorés et au regretté chanteur Amar Ezzahi. La cérémonie d’ouverture offrira un « spectacle artistique harmonieux mêlant théâtre, poésie et musique, dans un voyage à travers l’histoire de la chanson chaâbi et de ses chantres et pionniers », a annoncé le commissaire, dessinant une fresque artistique qui ambitionne de retracer l’évolution de ce genre musical indissociable de l’identité culturelle algérienne.

Abdelkader Bendameche a rappelé que cette manifestation représente une véritable « école de formation artistique ». Dans cette optique, des « ateliers de formation au profit des candidats ont été organisés au niveau de l’Institut national supérieur de musique, encadrés par des enseignants spécialisés, afin de les accompagner et de leur permettre d’acquérir les différents outils artistiques, techniques et esthétiques, selon une approche scientifique et méthodique ». L’objectif affiché par les organisateurs est de « découvrir les jeunes talents artistiques dans ce style musical ancestral qui puise dans le patrimoine de la poésie du melhoun, et de faire émerger une nouvelle génération d’artistes, tout en contribuant au développement de ce genre musical authentique », a souligné Abdelkader Bendameche. Le festival entend ainsi assurer la relève générationnelle tout en préservant l’authenticité d’un genre considéré comme symbole de l’identité nationale.

En marge des soirées musicales, une exposition photographique retracera le parcours de différentes figures artistiques ayant enrichi le répertoire du chaâbi, rendant hommage aux multiples générations qui ont perpétué cet art. Une exposition du livre, organisée en coordination avec l’Entreprise nationale des arts graphiques, mettra également en lumière les trésors du patrimoine musical algérien. Cette édition sera par ailleurs marquée par la publication d’un ouvrage regroupant cinquante-huit poèmes en langue arabe, œuvres du doyen de la chanson chaâbi, El Hadj M’hamed El Anka, contribuant ainsi à la documentation et à la diffusion du corpus poétique qui nourrit ce genre musical. Créé en 2006, le Festival culturel national de la chanson chaâbi s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour la préservation et la transmission de ce patrimoine vivant, offrant aux jeunes générations l’opportunité de s’inscrire dans une lignée artistique séculaire tout en renouvelant les formes d’expression de cet art populaire.

Mohand Seghir

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