Zerrouki se penche sur le projet de câble sous-marin Medusa : Consolider l’infrastructure numérique
En marge du Congrès mondial de la téléphonie mobile de Barcelone, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a visité le centre d’atterrissement du câble sous-marin « Medusa », dont la mise en service est annoncée pour le début de l’année 2027. Une visite d’inspection qui dit beaucoup sur les ambitions numériques de l’Algérie et sur les enjeux stratégiques portés par ce chantier d’envergure continentale. Selon le communiqué du ministère, le ministre s’est enquis « des préparatifs en cours en prévision de la mise en service du câble sous-marin, compte tenu de son importance dans le renforcement des infrastructures de télécommunications et de la connectivité internationale ». Le centre d’atterrissement constitue, à ce titre, bien plus qu’un équipement technique. Il représente, selon le communiqué, « une passerelle reliant l’Algérie à l’Europe et contribuant à l’augmentation de la capacité internet et à l’amélioration de la qualité des communications internationales ». Pour un pays dont la connectivité internationale repose encore largement sur un nombre limité d’infrastructures câblées, l’enjeu est considérable : diversifier les itinéraires physiques des données, c’est réduire la vulnérabilité du réseau national aux ruptures et aux congestions. Le projet Medusa avait été officiellement lancé depuis le port d’Alger en octobre 2025, sous la présidence de Zerrouki lui-même. Le câble reliera l’Algérie via deux points d’atterrissement, situés à Alger et à Collo, dans la wilaya de Skikda, offrant ainsi une double liaison et une redondance géographique précieuse pour la sécurité des communications. Le communiqué ministériel souligne que l’infrastructure « permettra de diversifier les itinéraires des câbles sous-marins, tout en soutenant le développement des services de 5G et le renforcement de la souveraineté numérique et des infrastructures technologiques ». Ce dernier point est central : dans un contexte mondial où la maîtrise des flux de données est devenue un enjeu de puissance, disposer d’une infrastructure propre et sécurisée est une condition de l’autonomie stratégique.
La mise en service attendue pour 2027 devrait marquer un tournant dans la connectivité du pays, à l’heure où le déploiement de la 5G et la montée en puissance des usages numériques imposent des capacités de bande passante internationale sans commune mesure avec celles du passé.
Salim Amokrane

