Annaba : La mercuriale en folie
La baisse des prix qui avait marqué la première quinzaine du mois sacré de Ramadan à Annaba n’aura été que de courte durée : dès la troisième semaine, les prix des denrées alimentaires ont amorcé une hausse inattendue.
À l’entame de la troisième semaine du mois sacré, les prix des denrées alimentaires et de certains produits de consommation ont amorcé une hausse inexpliquée. Une situation qui redéfinit les traditions de l’iftar, malgré les efforts du gouvernement qui a mis en place des mesures spéciales de régulation pour alléger le budget des ménages. Une volonté visant à assurer les meilleures conditions de jeûne aux consommateurs.
De son côté, le ministère du Commerce a mis en place des stocks stratégiques et des marchés de proximité pour contrer la flambée des prix et les pénuries de tout produit. Or, l’adhésion affichée par les commerçants, notamment les vendeurs de fruits et légumes ainsi que ceux des produits de la mer, aux mesures du ministère du Commerce n’a été que de courte durée. Le comportement mercantile de certains commerçants a fini par reprendre le dessus. Un revirement à 180° dans les marchés de la ville d’Annaba où la hausse des prix dépasse tout entendement. Les consommateurs sont de plus en plus surpris par cette flambée, qui semble ne jamais vouloir s’arrêter. Les marchés de fruits et légumes, fréquentés quotidiennement par une clientèle régulière, affichent des tarifs qui donnent froid dans le dos. Qu’il s’agisse du marché couvert dit « Francis », du marché d’El Hattab, ou même des marchands ambulants de fruits et légumes, ces denrées sont inaccessibles pour les couches vulnérables et hors de portée pour les ménages moyens. Une hausse des prix qui se situe entre 20 % et 100 % selon les produits, d’après des observateurs qui estiment que les services de la direction du contrôle des prix et de la qualité devraient durcir leur action afin de mettre fin aux pratiques des commerçants déloyaux.
Ainsi, la seconde quinzaine du mois de Ramadan a été entamée avec une flambée des prix inexpliquée. À titre d’exemple, dans tous les espaces de vente, la tomate cédée à 50 DA/kg au début du mois sacré est désormais vendue à 120 DA/kg. De même pour le poivron, passé de 100 DA/kg à 200 DA/kg. Pour la laitue, elle affiche sur les étals des différents points de vente 240 DA/kg, alors qu’elle s’affichait à 80 DA/kg. Les petits pois, quant à eux, varient entre 240 et 260 DA/kg, tout comme la pomme de terre dont le prix oscille entre 65 et 80 DA/kg, selon la qualité et le calibre du produit. Pour ne citer que ces quelques exemples de légumes dont les prix suscitent de nombreuses interrogations et, surtout, une vive inquiétude chez les consommateurs. Même les fruits les plus stables ne sont pas épargnés. À l’image de la banane, dont le prix officiel est fixé à 420 DA/kg par les pouvoirs publics, mais commercialisée à 480 DA/kg.
Face à cette augmentation soudaine, les citoyens ne savent plus où donner de la tête en ce mois de jeûne, dont les dépenses ont été multipliées par deux en moins de 48 heures. C’est dire que le passage à la deuxième quinzaine du mois de Ramadan a été aussi rapide que brutal pour les bourses des ménages. Ces derniers constatent que, malgré tous les efforts du gouvernement pour soutenir le secteur agricole et garantir une production abondante afin d’approvisionner le marché national en produits de première nécessité à des prix abordables, la tendance reste à la hausse. Et oui, comme le vieux adage le décrit si bien : « On chasse le naturel, il revient au galop. » En conclusion, en dépit des mesures mises en place par les pouvoirs publics pour stabiliser le marché, la vente des denrées alimentaires continue de connaître une progression vertigineuse, suscitant une véritable inquiétude au sein des différentes couches de la société à Annaba.
SOFIA CHAHINE

