Sports

Il a été suspendu un an par la FIFA : Le Mondial 2026 s’éloigne-t-il pour Bellaïli ?

L’ailier de l’Espérance Sportive de Tunis et des Fennecs, Youcef Belaïli, a été sanctionné jeudi d’une suspension de douze mois par la FIFA dans le cadre du litige financier qui l’oppose à son ancien club, l’AC Ajaccio. Cette décision, assortie d’une amende de 5 000 francs suisses, menace sérieusement sa participation à la Coupe du monde 2026 qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

La chambre de résolution des litiges de l’instance mondiale reproche au joueur de 33 ans d’avoir présenté un document jugé falsifié lors d’une procédure portant sur un différend financier avec le club corse. Selon les informations révélées par le média Winwin, ce document concernait un protocole d’accord censé établir le versement d’une somme avoisinant les 380 000 euros, dans le cadre d’une prime et d’une indemnité de rupture de contrat. L’affaire remonte à la saison 2022-2023, période durant laquelle Belaïli avait rejoint Ajaccio en provenance du Stade Brestois 29. Son passage en Ligue 1 s’était révélé de courte durée, émaillé de tensions avec la direction ajaccienne autour de questions contractuelles et financières. Après un départ prématuré en avril 2023, l’entourage du joueur avait saisi la FIFA en présentant un document censé sceller un accord entre le club corse et une autre formation, en lien avec une décision du Tribunal Arbitral du Sport. La direction de l’AC Ajaccio avait toutefois vigoureusement contesté l’authenticité de cette pièce, affirmant qu’elle n’avait jamais été validée ni signée par les autorités compétentes du club. Estimant être victime d’une tentative d’escroquerie, l’administration ajaccienne avait alors demandé à la FIFA un examen approfondi du dossier. Après plusieurs mois d’étude, l’instance mondiale a finalement tranché en faveur du club français.

Cette sanction intervient à un moment particulièrement délicat pour l’enfant d’Oran. Éloigné des terrains depuis novembre dernier en raison d’une blessure au genou, Belaïli voit désormais sa carrière suspendue jusqu’en mars 2027, sauf si un appel devant le Tribunal Arbitral du Sport aboutit à une réduction ou une annulation de la peine. Le joueur, qui dispose de ce recours, n’a pas encore officiellement réagi à la décision, mais son entourage assure que tous les éléments seront étudiés pour défendre sa position.

Pour l’Algérie, qualifiée pour le Mondial 2026, cette suspension représente un coup dur. Belaïli compte plus de cinquante sélections avec les Fennecs et constitue l’un des éléments les plus expérimentés et influents du dispositif algérien. Sa possible absence lors de la plus grande compétition du football mondial priverait la sélection d’un atout offensif majeur, à seulement trois mois du début du tournoi.

L’Espérance Sportive de Tunis se retrouve également fragilisée. Le club tunisois perd son ailier star à l’approche des phases finales de la Ligue des champions africaine, compétition dans laquelle l’équipe nourrit de grandes ambitions. La formation de Tunis, où Belaïli s’était engagé après un passage réussi au MC Alger couronné par un titre de champion d’Algérie en 2024, devra composer sans l’un de ses principaux artisans offensifs.

Ce nouveau coup d’arrêt s’inscrit dans une carrière déjà mouvementée. Entre passages éclair en Europe, retours en Afrique du Nord, blessures à répétition et désormais litiges juridiques, Youcef Belaïli connaît un parcours en dents de scie. Après avoir relancé sa carrière avec le MC Alger, remportant avec les Rouge et Blanc un championnat attendu depuis 2010, son retour en Tunisie devait symboliser une nouvelle ascension. La blessure au genou de novembre avait déjà contrarié ces plans. Cette suspension de la FIFA les compromet encore davantage.

À l’heure actuelle, l’incertitude demeure quant à l’issue de cette affaire. Si le recours devant le TAS n’aboutit pas, Belaïli manquera non seulement la Coupe du monde, mais également une partie importante de la saison africaine. Pour un joueur dont la carrière a souvent oscillé entre moments de grâce et périodes de turbulences, c’est un nouveau tournant majeur qui se dessine, peut-être le plus difficile à négocier.

Moncef Dahleb

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *