La crie au Moyen-Orient entre dans sa deuxième semaine : La guerre s’intensifie
Le conflit déclenché le 28 février par une vaste attaque américano-israélienne contre l’Iran est entré samedi dans sa deuxième semaine avec une intensification des hostilités sur l’ensemble de la région. Les attaques iraniennes contre des installations militaires et des navires se multiplient tandis que Washington déploie des moyens militaires supplémentaires et que l’entité sioniste poursuit ses opérations au Liban, faisant craindre une escalade généralisée au Moyen-Orient.
L’offensive initiale menée conjointement par les États-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran a fait plus de mille morts selon Téhéran, dont le Guide suprême Ali Khamenei, plus de 150 écolières et plusieurs hauts responsables militaires. Ces frappes ont provoqué une série de représailles iraniennes visant des bases américaines, des installations diplomatiques et des intérêts occidentaux dans toute la région, ainsi que des installations israéliennes. Samedi, les Gardiens de la révolution iraniens ont confirmé avoir ciblé deux pétroliers dans le golfe Persique. Le Louise P, battant pavillon des îles Marshall, a été frappé par un drone au motif qu’il était lié aux États-Unis. Un autre navire, le Pirima, accusé d’avoir ignoré les avertissements, a également été touché par un drone dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les hydrocarbures du Golfe. Ces attaques interviennent après que le Corps des Gardiens de la révolution a déclaré que tous les biens américains et israéliens dans la région seraient considérés comme des cibles légitimes.
L’Iran a également annoncé avoir abattu treize drones avancés appartenant aux États-Unis et à l’entité sioniste depuis vendredi. Selon un communiqué du quartier général central Khatam al-Anbiya, des appareils de type MQ-9, Hermes et Orbiter ont été interceptés par des systèmes de missiles et d’artillerie dans plusieurs régions du pays, notamment dans le nord-ouest, l’ouest, le sud, ainsi que dans les provinces d’Ispahan, de Kerman et dans la capitale Téhéran.
Trump promet des « frappes très dures »
De leur côté, les États-Unis renforcent massivement leur présence militaire dans la région. Selon des informations rapportées par la presse américaine, Washington s’apprête à déployer un troisième porte-avions au Moyen-Orient. L’USS George H.W. Bush, qui a terminé ses préparatifs au large de la Caroline du Nord, devrait se diriger vers la Méditerranée orientale pour rejoindre l’USS Gerald R. Ford actuellement en mer Rouge et l’USS Abraham Lincoln actif en mer d’Oman. Le navire dispose de dizaines d’avions d’attaque et sera accompagné de destroyers lance-missiles guidés. Le président américain Donald Trump a déclaré samedi lors d’une conférence de presse en Floride que les forces américaines avaient éliminé 42 navires iraniens en trois jours et abattu leurs avions et postes de communication. « Ils n’ont plus de communication, je ne sais pas comment ils communiquent », a affirmé le chef d’État américain, ajoutant que les États-Unis devaient agir car l’Iran était proche de mettre la main sur une arme nucléaire. Trump a également menacé de frapper l’Iran très durement, évoquant des zones et des groupes de personnes qui n’avaient encore jamais été considérés comme des cibles.
Téhéran s’abstiendra de cibler les pays voisins
Dans ce contexte de tensions extrêmes, le président iranien Masoud Pezeshkian a annoncé samedi que son pays s’abstiendrait d’attaquer les États voisins, sauf si des frappes étaient lancées depuis leur territoire. « Le conseil de direction provisoire a annoncé hier qu’il n’y aura plus d’attaques contre les pays voisins et plus de tirs de missiles, sauf si ces pays attaquent d’abord l’Iran », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée, présentant ses excuses aux pays voisins et affirmant que l’Iran n’avait aucune intention d’envahir d’autres pays. Il a toutefois écarté toute idée de reddition sans condition réclamée par Washington. Les pays du Golfe continuent de subir les conséquences directes du conflit. Le Qatar a annoncé avoir intercepté neuf des dix drones iraniens lancés vers son territoire, tandis que le dernier s’est écrasé dans une zone inhabitée sans faire de victimes. Les Émirats arabes unis ont fait état samedi de nouvelles attaques de drones et de missiles en provenance d’Iran, interceptant quinze missiles balistiques sur seize et 119 drones sur 121. La Jordanie a accusé Téhéran d’avoir directement visé des installations stratégiques du royaume, tirant 119 missiles et drones durant la semaine écoulée, dont 108 ont été interceptés. Face à ces menaces persistantes, la compagnie pétrolière nationale du Koweït a annoncé une réduction de sa production de pétrole de manière préventive en raison des attaques iraniennes et des menaces pesant sur le détroit d’Ormuz. Le Liban est également entraîné dans cette spirale de violence. L’entité sioniste a intensifié sa campagne militaire dans le pays depuis lundi, après des tirs de roquettes limités du Hezbollah. Le ministère libanais de la Santé a indiqué samedi que les frappes israéliennes avaient fait 294 morts et 1.023 blessés depuis le début de la semaine. Dans la nuit de vendredi à samedi, une opération commando israélienne menée à Nabi Chit dans l’est du Liban, visant à retrouver la dépouille du navigateur Ron Arad disparu en 1986, a fait 41 morts et 40 blessés selon un nouveau bilan. Trois soldats libanais ont également péri dans les bombardements accompagnant cette opération. Le conflit prend également une dimension européenne. Le ministère britannique de la Défense a annoncé samedi que les forces américaines avaient commencé à utiliser des bases britanniques pour mener des opérations défensives dans le conflit. Des bombardiers B-1 de l’US Air Force ont notamment atterri sur la base RAF de Fairford dans le sud-ouest de l’Angleterre. La Turquie a de son côté annoncé envisager d’envoyer des avions de chasse F-16 à Chypre-nord pour assurer la sécurité de cette partie de l’île qu’elle est la seule à reconnaître. Alors que les tensions ne montrent aucun signe d’apaisement, la communauté internationale s’inquiète d’une extension du conflit à l’ensemble de la région. Le Ghana a saisi samedi les Nations unies après l’attaque ayant blessé ses Casques bleus au Liban, dénonçant une grave violation du droit international équivalant à un crime de guerre et demandant une enquête complète.
Lyes Saïdi

