Sahara occidental : Une nouvelle gifle pour le Makhzen
Londres vient d’infliger un nouveau camouflet diplomatique au régime marocain d’occupation. Dans une réponse officielle adressée au Parlement britannique, le gouvernement du Royaume-Uni a tranché sans ambiguïté : les produits alimentaires issus du Sahara occidental ne peuvent en aucun cas être étiquetés comme marocains. Une déclaration qui résonne comme une gifle supplémentaire pour Rabat, dont la politique d’exploitation systématique des richesses naturelles du territoire sahraoui occupé se heurte désormais à un front juridique et politique de plus en plus large.
C’est en réponse à une question écrite du député travailliste Brian Leishman que la ministre britannique de l’Environnement, de l’alimentation et des affaires rurales, Angela Eagle, a exposé la position ferme de Londres. Elle a affirmé que le gouvernement était « engagé à garantir que les consommateurs ne soient pas induits en erreur sur l’origine des aliments qu’ils achètent », rappelant que « conformément aux règles relatives à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, l’étiquetage ne doit pas être trompeur quant à l’origine ou à la provenance des produits ». Le message adressé à Rabat est sans détour : « Lorsque des informations sont fournies sur l’origine de produits cultivés ou fabriqués au Sahara occidental, ces informations doivent être exactes et ne peuvent pas être présentées comme s’il s’agissait de produits marocains. » Mieux encore, Angela Eagle a martelé qu’ « étiqueter comme marocains des produits provenant du territoire sahraoui serait considéré comme trompeur au regard des règles relatives à l’étiquetage alimentaire ».
Cette prise de position britannique ne surgit pas dans un vide juridique. Elle s’inscrit dans le prolongement direct des arrêts historiques rendus par la Cour de justice de l’Union européenne, qui avait, à plusieurs reprises, invalidé les accords commerciaux conclus entre Bruxelles et Rabat au motif qu’ils incluaient illégalement le territoire du Sahara occidental sans le consentement de son peuple, représenté par le Front Polisario. La Cour avait établi un principe fondamental : le Sahara occidental constitue un territoire distinct du Maroc, doté d’un statut séparé en droit international, et ses ressources naturelles ne sauraient être commercialisées sous couvert de la souveraineté marocaine. Londres, qui a quitté l’Union européenne, choisit aujourd’hui de s’aligner sur cette jurisprudence, consolidant ainsi un consensus occidental qui isole davantage la position de Rabat.
L’enjeu dépasse la simple question d’étiquetage. Derrière les tomates, les agrumes et les produits de la mer exportés depuis le territoire occupé se cache une réalité brutale : le pillage organisé des richesses sahraouies au profit de l’économie marocaine, sans redistribution aucune au peuple sahraoui et sans son accord. Phosphates, ressources halieutiques, productions agricoles — depuis des décennies, le Makhzen tire profit de territoires qu’il occupe militairement depuis 1975, en violation flagrante des résolutions de l’ONU qui reconnaissent au peuple sahraoui son droit inaliénable à l’autodétermination.
La ministre britannique a précisé que les fonctionnaires de son département travaillaient « en étroite collaboration avec les organismes chargés de l’application de la législation afin de garantir que l’étiquetage des aliments respecte les normes en vigueur ». Autrement dit, Londres entend faire appliquer cette règle concrètement, sur les étals des supermarchés britanniques. Pour le régime d’occupation marocain, l’étau se resserre. Ce nouveau revers s’ajoute à une série de désaveux internationaux qui fragilisent sa stratégie de normalisation de l’annexion du Sahara occidental. La cause sahraouie, elle, gagne du terrain — y compris dans les couloirs de Westminster.
L.S.

