La scène politique s’anime en cette deuxième quinzaine du Ramadhan : TAJ resserre les rangs, le RND courtise la diaspora
Le Ramadan, mois de recueillement et de fraternité, s’impose depuis quelques jours comme une saison à part entière dans le calendrier politique. Les partis prennent l’habitude d’organiser des iftars collectifs qui font office, à la fois, de moments de communion avec les militants et de tribunes pour délivrer des messages à portée nationale. Samedi, deux formations de la majorité ont tenu de tels rendez-vous dans des registres différents, mais avec un fil conducteur identique : l’affirmation de la cohésion nationale et le renforcement des structures partisanes. C’est dans la commune de Merdja Sidi Abed, aux abords de Relizane, que la présidente du TAJ, Mme Fatima Zohra Zerouati, a réuni, samedi soir, les militants de son parti dans la wilaya. La rencontre, organisée autour d’un iftar, s’est tenue sous un slogan aux accents volontaristes : « Nos valeurs sont notre force et l’unité de notre nation est notre responsabilité ». Une formule qui résume bien l’atmosphère générale d’une réunion placée sous le signe de la vigilance et du rassemblement. Prenant la parole devant une assistance composée de cadres et militants locaux du parti, Mme Zerouati a souligné que la conjoncture internationale impose une vigilance redoublée. « Les évolutions et transformations que connaît le monde exigent de renforcer et de consolider l’unité nationale et de bâtir un tissu solide et fort capable de faire face à toute éventualité et aux défis extérieurs », a-t-elle déclaré, sans préciser davantage la nature de ces défis, mais dans un contexte géopolitique régional marqué par les tensions persistantes avec le Maroc, les instabilités au Sahel et les reconfigurations en cours au Moyen-Orient. La présidente du TAJ a ensuite décliné ce thème sécuritaire à l’échelle de la société civile, insistant sur la responsabilité collective dans la préservation de la stabilité du pays. « La protection de la patrie est une responsabilité collective, nécessitant de tous l’attachement aux valeurs nationales, le resserrement des rangs et l’union comme un rempart contre tout ce qui pourrait ébranler l’unité et la cohésion nationale, afin de préserver le pays des différents plans et menaces qui le guettent », a-t-elle martelé.
Au-delà, Mme Zerouati a abordé un sujet qui mobilise de plus en plus les formations politiques algériennes : la vulnérabilité de la jeunesse face aux nouvelles formes de désinformation. La dirigeante du TAJ a appelé à intensifier les efforts de sensibilisation envers les enfants et les jeunes, qu’elle a décrits comme exposés à de « diverses fléaux sociaux », mais aussi aux « crimes numériques et électroniques qui diffusent des rumeurs et des idées négatives et destructrices ». Une référence à peine voilée aux réseaux sociaux et aux campagnes d’influence en ligne qui alimentent une déstabilisation de l’opinion publique nationale.
C’est dans la capitale européenne Bruxelles que le RND tenait son propre iftar du Ramadan. Le secrétaire général du parti, M. Monder Bouden, a présidé la rencontre avec des membres de la communauté algérienne établie en Belgique, dans une initiative que le communiqué du parti a présenté comme s’inscrivant dans « le cadre du renforcement des liens de communication avec les membres de la communauté nationale à l’étranger et de la consolidation des relations avec les compétences algériennes établies en Europe, à travers l’ouverture d’espaces de dialogue direct et l’écoute de leurs préoccupations et aspirations ».
Le choix de Bruxelles n’est pas anodin. La capitale belge abrite l’une des plus importantes communautés algériennes d’Europe, forte de plusieurs dizaines de milliers de ressortissants, aux profils très divers. Au-delà du moment convivial de l’iftar, la rencontre bruxelloise a été l’occasion d’aborder des sujets de fond, notamment la contribution que la diaspora algérienne pourrait apporter au développement national. Selon le communiqué du RND, les échanges ont porté sur les « moyens à même de renforcer la contribution de la diaspora au processus de développement national et de tirer parti de ses expertises et expériences dans divers domaines scientifiques, économiques et culturels, en vue de consolider les liens avec la mère patrie et d’ancrer l’esprit d’appartenance et de responsabilité commune envers l’avenir de l’Algérie ».
Hocine Fadheli

