L’Algérie se dote d’un plan national pour sa jeunesse à l’horizon 2029 : Six axes, vingt objectifs
C’est une feuille de route inédite que le gouvernement algérien vient de présenter pour répondre aux attentes de sa jeunesse. Le Plan national jeunesse 2026-2029, exposé dimanche au Conseil des ministres sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, entend structurer pour la première fois une politique publique unifiée en direction des jeunes Algériens — avec une ambition affichée : s’attaquer frontalement aux questions d’emploi, d’éducation et de protection contre les fléaux sociaux.
Le ministre de la Jeunesse, Mustapha Hidaoui, a présenté le projet devant le Conseil des ministres. Lundi, son département publiait un communiqué pour en détailler l’architecture. Le texte précise que le plan « garantit l’efficacité dans la prise en charge des questions liées à la jeunesse, notamment en matière d’emploi, d’éducation et de protection des jeunes contre les différents fléaux ». Sur le fond, le plan s’articule autour de « six principaux axes » : l’éducation et l’enseignement de qualité, le développement des compétences, l’intégration économique, l’emploi et l’entrepreneuriat, la citoyenneté et la participation, l’accès au sport, à la culture et aux loisirs, et enfin « l’autonomisation numérique et l’information ciblée ». À ces six piliers s’ajoute un volet consacré au « renforcement de la résilience sociale et la protection des jeunes contre les dangers ». Pour rendre cette ambition mesurable, le plan décline « 20 objectifs stratégiques et 54 objectifs opérationnels, qui seront atteints à travers les activités des différents secteurs concernés, appuyés par des indicateurs mesurables », indique le communiqué. Une méthode délibérément chiffrée, qui traduit la volonté d’éviter les plans déclaratifs sans suivi ni évaluation — défaut récurrent des politiques publiques de la jeunesse dans la région.
Ce qui distingue ce texte de ses prédécesseurs, selon le ministère, c’est sa méthode d’élaboration. Le projet aurait été « conçu selon une méthodologie axée sur la planification à partir des résultats, en s’appuyant sur les résultats des groupes ciblés de discussion organisés par le Conseil supérieur de la jeunesse en 2023, ainsi que sur ses différents rapports publiés au cours des trois dernières années ». Un comité interministériel, regroupant les secteurs directement liés à la jeunesse, en a assuré la rédaction.
L’impulsion est venue du sommet de l’État. C’est lors d’une rencontre avec le bureau du Conseil supérieur de la jeunesse, le 21 janvier 2025, que le président Tebboune avait demandé l’élaboration d’un tel plan en tant que « politique nationale unifiée dans le domaine de la jeunesse ». Neuf mois plus tard, le texte franchissait l’étape du Conseil des ministres.
Chokri Hafed
