L’entité sioniste utiliser du phosphore blanc sur des zones résidentielles peuplées au Liban : Un crime innommable
C’est une accusation documentée, géolocalisée, appuyée sur des images vérifiées — et elle est accablante. L’organisation Human Rights Watch (HRW) a affirmé lundi que l’armée sioniste « a illégalement utilisé des munitions au phosphore blanc tirées à l’artillerie au-dessus d’habitations le 3 mars 2026, dans la localité de Yohmor, dans le sud du Liban ». L’ONG dit avoir « vérifié et géolocalisé sept images montrant des munitions au phosphore blanc » ayant explosé « au-dessus d’une zone résidentielle », ainsi que des agents de la Défense civile intervenant pour éteindre un incendie « qui a probablement été causé par des morceaux de feutre imprégnés de phosphore blanc ». Le phosphore blanc n’est pas une arme ordinaire. Cette substance s’enflamme spontanément au contact de l’oxygène et ne peut être éteinte qu’en la privant d’air. Utilisée en zone peuplée, elle provoque des incendies incontrôlables, des brûlures profondes atteignant les os, des lésions respiratoires sévères, des défaillances d’organes et la mort. Son emploi comme arme incendiaire contre des populations civiles est prohibé par le droit international humanitaire. « L’utilisation illégale de phosphore blanc par l’armée sur des zones résidentielles est extrêmement alarmante et aura de graves conséquences pour les civils », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur à HRW, exigeant que l’entité sioniste « immédiatement arrête cette pratique ». Il a également appelé les États fournisseurs d’armes à « suspendre immédiatement l’aide militaire et les ventes d’armes », y compris les munitions au phosphore blanc. L’Agence nationale d’information libanaise (ANI) a de son côté accusé l’entité sioniste d’avoir également « ciblé Tal Nahas et Khiam avec des tirs d’artillerie et des bombardements au phosphore ». Ce n’est pas la première fois : HRW rappelle que des précédents similaires « en 2023 et 2024 dans des zones du sud du pays ont mis les civils en grave danger et contribué au déplacement de civils ».
Ces révélations interviennent alors que l’agression sioniste contre le Liban atteint une intensité inédite. Tout cela en violation de l’accord de cessez-le-feu conclu fin novembre 2024, qui stipulait le retrait des forces sionistes du sud du Liban — un retrait qui n’a pas eu lieu, l’armée sioniste maintenant cinq avant-postes sur le territoire libanais. Lundi matin, l’aviation sioniste a mené au moins trois frappes sur la banlieue sud de Beyrouth. La veille, 40 personnes étaient tombées en martyres en une seule journée, dont 19 lors d’une frappe sur un immeuble de trois étages à Sir el-Gharbiyé, dans le district de Nabatiyé. Le bilan global, dressé dimanche par le ministre de la Santé Rakan Nassereddine, fait état d’« au moins 394 personnes tombées en martyres, dont 83 enfants et 42 femmes ». Plus de 517 000 personnes ont été déplacées, « dont plus de 117 000 hébergés dans des centres d’accueil », selon la ministre des Affaires sociales Haneen Sayed.
Dans ce conditions, le Parlement libanais, Réuni en séance plénière lundi, sous les bombes qui tombaient à proximité sur la banlieue sud,a voté le report de deux ans des élections législatives prévues en mai. « La chambre a décidé de proroger son mandat pendant deux ans », a annoncé son président Nabih Berri.
L.S.

