Culture

Opéra d’Alger : Samir Toumi célèbre la femme algérienne

C’était une soirée de Ramadhan pas comme les autres. Dimanche soir, sous les ors de l’Opéra d’Alger « Boualem Bessaïeh », un concert exceptionnel a réuni un public féminin venu en nombre pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes — et la magie a opéré, note par note, jusqu’à l’ultime silence.

Pour l’occasion, la direction de l’institution a convié Samir Toumi, l’une des voix les plus attachantes de la scène musicale algérienne contemporaine. L’artiste a déployé tout son talent dans un répertoire ancré dans le terroir du chaâbi et du patrimoine musical algérois, ce legs précieux que l’on appelle parfois le « tarab assimy » — cette manière unique, presque secrète, de faire vibrer les âmes avec des mélodies millénaires. Accompagné par l’Orchestre andalou de l’Opéra d’Alger, placé sous la baguette rigoureuse et inspirée du maestro Nadjib Kateb, Toumi a offert une succession de pièces ciselées, portées par un phrasé d’une sensibilité rare. Dans la salle richement ornée, la présence féminine dominait. Les spectatrices, venues en tenues de fête pour cette nuit particulière, ont répondu aux mélodies avec une ferveur communicative, fredonnant par endroits, se laissant emporter ailleurs dans un recueillement presque intime. Cette communion entre les artistes sur scène et le parterre de femmes réunies en ce soir de Ramadhan a conféré à la soirée une chaleur singulière, bien au-delà du simple récital.

Car c’est précisément ce que cherchait l’Opéra d’Alger en imaginant cet événement : ne pas se contenter d’un geste symbolique, mais offrir un véritable moment de beauté partagée. Honorer la femme algérienne — et, à travers elle, toutes les femmes du monde — en lui tendant le plus beau des miroirs : celui de sa propre culture, vivante, rayonnante, portée haut par des artistes qui en sont les gardiens attentifs. Une soirée comme un poème. Une promesse que l’art, lorsqu’il puise aux sources les plus profondes de l’identité, n’appartient à personne — et appartient à tout le monde.

Mohand Seghir

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