Le Liban sous les bombes sionistes : 700 000 déplacés, les Nations unies sonnent l’alarme
En une semaine d’intenses bombardements sionistes, le Liban a basculé dans une nouvelle catastrophe humanitaire. Ce sont près de 700 000 personnes, dont quelque 200 000 enfants, qui ont été contraintes de fuir leur domicile, selon les chiffres communiqués mardi par les Nations unies. Ces nouveaux déplacés viennent s’ajouter aux dizaines de milliers de personnes déjà arrachées à leur terre lors des précédentes agressions sionistes contre le pays. L’Organisation internationale pour les migrations avait, dès dimanche, recensé 517 000 déplacés auprès du seul ministère libanais des Affaires sociales, dont plus de 117 000 hébergés dans des centres d’accueil. Les agences humanitaires s’accordent à dire que le nombre réel de personnes contraintes de quitter leur foyer est vraisemblablement bien plus élevé, une part significative des déplacés échappant à tout recensement officiel. L’entité sioniste, loin de desserrer son étreinte meurtrière, multiplie les ordres de déplacement forcé dans plusieurs zones du territoire libanais. Outre l’ordre émis pour un quartier de la ville de Sour, elle a renouvelé pour la troisième fois depuis le début de l’escalade son injonction à quitter toute la zone située au sud du fleuve Litani, et pour la deuxième fois son ordre visant la banlieue sud de Beyrouth. Ces mesures, combinées à l’intensification des frappes aériennes dans plusieurs gouvernorats, constituent selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU ce que l’OCHA qualifie de tournant humanitaire important, provoquant le déplacement de centaines de milliers de personnes. Des familles entières vivent dans la rue et dorment dans leur voiture, exposées à des conditions météorologiques difficiles, en particulier pour les enfants durant les nuits. Les abris disponibles, froids et surpeuplés, ne peuvent absorber qu’une fraction de cet exode. Les chiffres communiqués par le Fonds des Nations unies pour l’enfance sont proprement stupéfiants. Depuis le 2 mars, date à laquelle l’agression sioniste a connu une nouvelle escalade, au moins 83 enfants sont tombés en martyrs et 254 autres ont été blessés au Liban. En moyenne, plus de dix enfants ont été tués chaque jour au cours de la semaine écoulée, et environ 36 blessés quotidiennement. Sur les vingt-huit derniers mois, ce sont 329 enfants qui sont tombés en martyrs au Liban et 1 632 qui ont été blessés. Plus accablant encore : au cours des six derniers jours seulement, le nombre d’enfants martyrs a bondi de 25 %, portant le total à 412. Edouard Beigbeder, directeur régional de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a déclaré que les enfants sont tués et blessés à un rythme effrayant, que les familles fuient leurs maisons dans la peur et que des milliers d’enfants dorment désormais dans des abris précaires. Des mots qui auraient dû provoquer une réaction internationale immédiate et ferme. Ils se perdent, une fois de plus, dans le silence assourdissant des grandes puissances.
Sur le terrain, les frappes sionistes ne marquent aucune pause. Depuis lundi soir, au moins dix nouveaux martyrs ont été enregistrés dans le sud du Liban, selon l’agence de presse officielle libanaise NNA. Huit personnes ont péri dans une frappe sur le district de Nabatiyé, deux autres ont été tuées lorsqu’un drone sioniste a visé un véhicule dans le district de Tyr. L’armée d’occupation sioniste a par ailleurs menacé de frapper plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, des menaces qui ont semé la panique et provoqué d’importants embouteillages sur les routes de fuite. En une semaine d’agression, le bilan s’établit à 486 martyrs et 1 313 blessés selon le ministère libanais de la Santé, un bilan qui s’alourdit d’heure en heure. Car au cœur de ce drame se trouve une violation flagrante et assumée du droit international. L’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis fin novembre 2024 stipulait explicitement que les forces sionistes devaient se retirer du sud du Liban. Or l’armée sioniste maintient cinq avant-postes sur le territoire libanais, en toute illégalité, en toute impunité. Les autorités libanaises exigent la fin de ce déploiement et dénoncent cette occupation rampante, mais l’entité sioniste poursuit ses agressions comme si aucun accord, aucune résolution, aucune norme du droit humanitaire international ne la concernait. C’est cette impunité structurelle, entretenue par la complaisance de certaines puissances occidentales, qui permet à la machine de guerre sioniste de frapper le Liban comme elle frappe Ghaza : méthodiquement, massivement, en toute tranquillité.
Lyes Saïdi

