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Algérie-Tunisie : Les bus reprennent la route

Pour la première fois depuis des décennies, des autocars de ligne relient désormais l’Algérie à la Tunisie par voie terrestre. En deux jours consécutifs, jeudi et vendredi, deux lignes internationales ont été inaugurées en grande pompe : la première entre Alger et Tunis, la seconde entre Annaba et Tunis, marquant la réouverture symbolique d’un axe routier longtemps laissé en friche entre les deux pays voisins du Maghreb.

C’est à la gare routière du Caroubier, à Alger, que la ligne vers la Tunisie a été lancée jeudi. Sous la supervision de Djamel Eddine Abdelghani Dridi, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, représentant le ministre Saïd Sayoud, le premier autocar a pris la route en direction de Tunis. Le trajet emprunte un itinéraire transversal au cœur du pays, passant par Bordj Bou Arréridj, Sétif et Constantine, avant de franchir la frontière et de rejoindre la gare de Bab Alioua dans la capitale tunisienne. La ligne sera desservie à raison de deux rotations hebdomadaires, pour un billet fixé à 6 000 dinars algériens.

Le lendemain, vendredi, c’est la ville d’Annaba qui prenait le relais. Le wali de la wilaya, accompagné du directeur général de l’entreprise El Djamaïa de transport et de services, a donné le signal du départ du premier autocar depuis la gare routière Mohamed Mounib Sandid. Le car a pris la direction de Tunis en traversant Ben M’hidi, Aïn El Assel, El Tarf, les villes frontières d’Ain Draham et Jendouba côté tunisien, puis Béja, avant d’atteindre la capitale. Cette deuxième ligne bénéficiera d’une fréquence plus soutenue : quatre allers et quatre retours par semaine, les jeudi, vendredi, samedi et dimanche, pour un prix de billet établi à 2 300 dinars algériens. Ensemble, les deux lignes assureront donc, dans un premier temps, six rotations hebdomadaires entre les deux pays. Mais selon la Société d’exploitation des gares routières d’Algérie (Sogral), ce chiffre n’est pas figé. La société a précisé que ce nombre pourrait être porté jusqu’à vingt voyages par semaine, «en fonction de la demande». Une formule prudente qui trahit cependant une ambition réelle : celle de faire du transport terrestre un levier de rapprochement entre Alger et Tunis, deux capitales que seulement quelques centaines de kilomètres séparent mais que les liaisons directes n’ont longtemps pas suffi à connecter efficacement.

L’exploitation de ces deux lignes repose sur un partenariat bilatéral. Côté algérien, c’est l’entreprise El Djamaïa de transport et de services qui prend en charge les rotations. Côté tunisien, la Société nationale de transport interurbain (SNTRI) assure le pendant de l’opération. Ce montage conjoint reflète la volonté des deux gouvernements de structurer cette offre dans un cadre institutionnel solide, au-delà d’une simple initiative commerciale.

Pour les voyageurs, la réservation s’effectue soit directement aux guichets des gares routières concernées, soit via l’application mobile Mahattati, qui accepte aussi bien les cartes de paiement locales qu’étrangères. La présentation d’un passeport en cours de validité demeure une condition sine qua non pour embarquer.

Ces deux inaugurations s’inscrivent dans le cadre d’une politique plus large de modernisation et d’extension du réseau de transport international, portée par le ministre Saïd Sayoud. Elles interviennent dans un contexte de renforcement des liens de coopération entre Alger et Tunis, et dans le sillage de la reprise des dessertes ferroviaires entre les deux pays il y a quelques mois après près de trois décennies d’interruption. En marge de la cérémonie, un poste de police et une unité de protection civile ont par ailleurs été inaugurés au sein de la gare routière du Caroubier à Alger.

Samir Benisid

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