Annaba : Les étudiants boudent les restaurants universitaires !
Pendant ce Ramadhan, des centaines d’étudiants résidant dans les campus universitaires de l’université Badji Mokhtar d’Annaba ont préféré prendre leur repas du f’tour dans les restaurants de la Rahma plutôt qu’au restaurant universitaire, dont la qualité de la restauration laisse, selon eux, à désirer. Et pourtant, les autorités de tutelle ont fortement insisté sur l’amélioration de l’alimentation au sein des restaurants universitaires. Or, à Annaba, la situation ne semble pas refléter l’intérêt que porte le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique aux services dans les cités universitaires, notamment en matière de restauration, et ce particulièrement durant ce mois de Ramadhan. En effet, les étudiants résidant dans certaines résidences universitaires d’Annaba vivent une situation particulière. Habitués, pour la plupart, à passer ce mois sacré au sein de leurs familles, certains d’entre eux — pour ne pas dire la majorité — sont contraints de jeûner loin de leurs proches, en raison de la période à laquelle est intervenu le mois de Ramadhan, en l’occurrence le mois de février, qui ne correspond pas à une période de vacances et ne peut être sautée pour la plupart des étudiants résidents.
Si certains ont eu la chance d’être invités par leurs camarades et amis résidant à Annaba, d’autres n’ont pas eu cette opportunité. La qualité du f’tour dans les restaurants des cités universitaires laissant vraiment à désirer, des centaines d’étudiants se sont rabattus sur les restaurants de la Rahma pour prendre leur repas de rupture du jeûne, lequel est, selon certains étudiants interrogés, « mille fois meilleur que celui de l’université ». Cette situation a suscité une réticence manifeste à l’égard de la restauration universitaire. Selon nos interlocuteurs, les repas proposés ne répondraient pas toujours aux attentes et ne correspondraient pas, dans certains cas, aux normes requises en matière de qualité et de préparation. Cette situation n’a pas laissé indifférente l’Organisation estudiantine algérienne libre (OEAL), bureau de wilaya d’Annaba. Cette dernière a récemment mis l’accent sur cette question, soulignant l’importance d’améliorer le programme d’alimentation dans certaines résidences universitaires, où les repas proposés ne répondraient pas toujours aux attentes des étudiants et ne refléteraient pas pleinement les moyens mobilisés pour ce service. La même organisation a également émis des réserves quant à la façon de préparer et de cuisiner certains plats, dont de grandes quantités ne seraient pas consommées par les étudiants et finiraient dans les poubelles.
Une situation jugée regrettable par les étudiants et leurs représentants, eu égard aux fonds mobilisés par les pouvoirs publics pour la restauration universitaire, qui, déplorent-ils, ne profitent malheureusement pas pleinement aux étudiants. Ces mêmes interlocuteurs ont toutefois tenu à préciser que les manquements relevés ne visent en aucun cas les institutions de l’État, encore moins les efforts consentis pour soutenir le secteur des services universitaires. Bien au contraire, l’organisation estudiantine a salué le grand intérêt que portent les pouvoirs publics à l’université algérienne, ainsi que les moyens importants mobilisés par l’État pour assurer la prise en charge des étudiants et leur offrir des conditions de vie et d’étude convenables.
En attendant une amélioration de la qualité du programme de restauration universitaire à Annaba, des centaines d’étudiants continuent de préférer les restaurants de la Rahma pour leur repas du f’tour, où la qualité de la cuisine est jugée meilleure. L’organisation affirme vouloir simplement attirer l’attention sur la nécessité d’améliorer la prestation du service universitaire, notamment en matière de restauration, afin qu’elle reflète réellement les efforts consentis par les pouvoirs publics — lesquels, ont-ils souligné, ne ménagent ni effort ni moyen financier pour optimiser la prise en charge des étudiants et leur garantir un repas digne de leur statut et de l’université d’Annaba.
SOFIA CHAHINE

