Culture

Industrie cinématographique : Une stratégie nationale 2026-2030 approuvée

Le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé mercredi à Alger une réunion du Conseil interministériel consacrée à l’examen de la stratégie nationale du cinéma 2026-2030, signal fort d’une volonté politique de faire de la production cinématographique un véritable levier de développement culturel, économique et diplomatique pour l’Algérie.

Selon le communiqué des services du Premier ministre publié jeudi, cette stratégie constitue « un document de référence s’appuyant sur les engagements du président de la République et traduisant concrètement ses orientations ». Le texte précise qu’elle « repose également sur la vision intellectuelle et pragmatique portée par le président de la République dans son discours lors des Assises nationales du cinéma, tenues les 19 et 20 janvier 2025, ainsi que sur les conclusions de ces dernières ». Un ancrage qui confère à ce chantier une dimension politique de premier plan, bien au-delà d’une simple feuille de route sectorielle.

La démarche s’inscrit dans un contexte de prise de conscience nationale quant au retard accumulé par le secteur cinématographique algérien, longtemps sous-exploité malgré un patrimoine historique et mémoriel exceptionnel. L’Algérie, dont le cinéma avait connu ses heures de gloire dans les années 60 et 70 n’a pas su, au fil des décennies, convertir cet héritage en industrie pérenne. Les Assises nationales de janvier 2025 avaient précisément été l’occasion de dresser ce constat sans concession, mobilisant professionnels, institutions et décideurs autour d’un diagnostic partagé et d’une vision prospective commune.

La stratégie 2026-2030 entend rompre avec cette trajectoire. Selon le communiqué, elle est « fondée sur une approche globale considérant le cinéma comme un projet national où se croisent les dimensions culturelle, économique, d’investissement, financière, communicationnelle et diplomatique ». L’ambition affichée est de « jeter les bases d’une industrie cinématographique moderne et compétitive, répondant aux attentes du public algérien et insufflant une nouvelle dynamique à la production cinématographique ». La formulation est éloquente : il ne s’agit plus seulement de soutenir des films, mais de construire une filière industrielle à part entière, avec ses mécanismes de financement, ses infrastructures, ses formations, ses réseaux de distribution et ses relais à l’international.

La dimension diplomatique mérite d’être soulignée. Dans un monde où le soft power s’impose comme instrument incontournable d’influence, le cinéma constitue l’un des vecteurs les plus puissants de rayonnement culturel. L’Algérie, forte de ses paysages variés, de la richesse de son histoire et de sa position géographique entre Méditerranée et Sahara, dispose d’atouts considérables pour s’imposer comme destination de tournage et comme producteur de contenus à vocation régionale et internationale.

La tenue d’une réunion interministérielle dédiée témoigne par ailleurs d’une volonté de décloisonner la politique cinématographique, trop longtemps cantonnée au seul ministère de la Culture. En associant d’autres départements — Finances, Investissement, Communication, Affaires étrangères — à l’élaboration de cette stratégie, le gouvernement envoie un signal clair : le cinéma est désormais affaire d’État au sens plein du terme.

Chokri Hafed

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