Mine de zinc-plomb de Béjaïa : Arkab met la pression sur les délais
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a conduit jeudi une importante visite d’inspection à Béjaïa consacrée au projet minier de zinc-plomb d’Amizour-Tala Hamza, qualifié de « projet stratégique parmi les plus importants du secteur minier en Algérie ». En marge de ce déplacement, un tronçon de cinq kilomètres de la pénétrante reliant le port de Béjaïa à l’autoroute Est-Ouest a été mis en service pour desservir la future mine.
Cette visite ministérielle de grande envergure, à peine cinq jours après le lancement officiel des travaux d’aménagement de l’entrée de la mine mardi dernier, témoigne de l’attention que porte le gouvernement à ce gisement classé parmi les plus importants au monde, avec des réserves exploitables estimées à 34 millions de tonnes. Le projet, porté par la coentreprise algéro-australienne Western Mediterranean Zinc (WMZ) et doté d’un investissement de 471 millions de dollars, prévoit une capacité d’extraction annuelle de 170 000 tonnes de concentré de zinc et 30 000 tonnes de plomb. Accompagné du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, et de la secrétaire d’État chargée des Mines, Karima Bakir Tafer, Mohamed Arkab a inspecté les travaux d’aménagement de l’accès à la mine avant d’insister sur « la nécessité d’un suivi rigoureux et permanent des différentes étapes de réalisation du projet, de manière à garantir l’avancement des travaux conformément aux délais fixés, tout en respectant les normes techniques les plus élevées en vigueur dans la réalisation des grands projets miniers ». Des propos qui font écho aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait ordonné lors du Conseil des ministres de janvier dernier la mise en exploitation de ce projet « dès ce mois de mars 2026 ».
Le volet infrastructurel a occupé une place centrale dans cette visite. La délégation a suivi un exposé technique sur le projet de raccordement de la mine à l’autoroute Est-Ouest, un axe jugé indispensable pour « faciliter le transport et assurer la fluidité du déplacement des équipements et des matériaux liés à l’activité de la mine ». La mise en service du tronçon de cinq kilomètres de la pénétrante, entre les points kilométriques 11 et 16, vise précisément à « renforcer le réseau de l’infrastructure routière et appuyer les projets économiques et de développement dans la région », selon le ministère des Travaux publics.
Sur le terrain, la question foncière, souvent source de blocage dans les grands projets, semble en voie de résolution. La délégation ministérielle a rencontré les habitants du village Aït Bouzid, propriétaires des terrains concernés par les expropriations. Selon le communiqué du ministère, ces derniers ont « accueilli favorablement ce projet stratégique qui contribuera à la valorisation des ressources minières nationales, au renforcement de la souveraineté économique et à la création d’un nombre considérable d’emplois au profit des jeunes de la région ». Le groupe public Sonarem avait précisé mardi que le projet « entre désormais dans la phase de l’indemnisation des propriétaires fonciers ».
L’enjeu de cette mine dépasse largement le cadre régional. Après la mise en exploitation historique du gisement de fer de Gara Djebilet à Tindouf en février, le lancement d’Amizour constitue le deuxième grand projet minier intégré à entrer en phase opérationnelle en l’espace d’un mois. Ces deux réalisations, auxquelles devrait s’ajouter le mégaprojet de phosphate intégré dans l’est du pays d’ici fin 2026 ou début 2027, s’inscrivent dans la stratégie de diversification économique dont l’objectif affiché est de hisser le PIB national à 400 milliards de dollars à l’horizon 2027. Dans un contexte international marqué par la flambée des cours des matières premières, l’Algérie entend se positionner comme fournisseur de premier plan sur les marchés du zinc, du plomb, du fer et du phosphate, tout en réduisant sa dépendance aux recettes pétrolières et gazières.
Sabrina Aziouez

