Services consulaires : Le numérique au service de la diaspora
C’est un pas de plus vers une administration consulaire modernisée et plus accessible. Le ministère des Affaires étrangères et la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) ont signé jeudi à Alger une convention de coopération portant sur la numérisation de certains services consulaires. Un accord conclu au siège du ministère des Affaires étrangères entre le secrétaire général Lounès Magramane et le directeur général de la Sûreté nationale Ali Badaoui, en présence du secrétaire d’État chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib. La démarche s’inscrit dans un mouvement de fond engagé depuis plusieurs mois pour rapprocher l’État algérien de ses quelque dix millions de ressortissants établis hors du territoire national. Après l’ouverture d’annexes consulaires régionales à Oran, Constantine et Ouargla — destinées à éviter aux Algériens de l’intérieur de rallier la capitale pour accomplir leurs démarches administratives —, c’est désormais la qualité et la rapidité du service rendu depuis l’étranger qui est visée. L’objectif affiché est clair : accélérer les délais de traitement grâce à l’adoption d’un nouveau système numérique aligné sur la stratégie nationale de transformation digitale.
Prenant la parole lors de la cérémonie de signature, Lounès Magramane a tenu à replacer l’accord dans son contexte politique. Cette convention, a-t-il déclaré, « constitue un nouveau jalon dans le processus de modernisation des services consulaires, que le ministère des Affaires étrangères place parmi ses priorités, au regard de l’importance particulière accordée par le président de la République à notre communauté nationale à l’étranger, en tant que composante authentique de la nation algérienne ». Il a également rappelé que cette question avait été au cœur de la Conférence des chefs de postes consulaires tenue en février dernier, qui s’était conclue par « plusieurs recommandations pertinentes » en la matière.
Au-delà de la symbolique institutionnelle, l’enjeu est pratique et quotidien. Des millions d’Algériens résidant en Europe, au Canada, dans les pays du Golfe ou ailleurs se heurtent régulièrement à des délais de traitement jugés trop longs pour l’obtention de documents d’état civil, de passeports ou d’actes administratifs divers. La numérisation des procédures, couplée à une meilleure coordination entre le réseau consulaire et les services de la DGSN — qui gèrent notamment les fichiers biométriques —, devrait permettre de fluidifier significativement ces démarches. Le communiqué du ministère souligne que la convention « incarne la volonté commune des secteurs des Affaires étrangères et de l’Intérieur de consacrer une approche intégrée fondée sur le renforcement de la coordination et l’intensification de la coopération, afin de soutenir les efforts de l’État en faveur de la modernisation de l’administration et de l’amélioration du service public proposé en Algérie et à l’étranger ».
Chokri Hafed

