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Ghaza : Amnesty International dénonce un « acte de guerre délibéré visant les femmes et les filles »

Dans un rapport publié après 29 mois d’agression génocidaire sioniste contre Ghaza, Amnesty International s’alarme de l’effondrement du système de santé palestinien, dénonçant un « acte de guerre délibéré visant les femmes et les filles » qui s’inscrit dans « la continuité du génocide ». La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, n’a pas usé de circonlocutions. Dans ce document fondé sur des entretiens menés en février avec 41 femmes déplacées, dont plusieurs enceintes ou atteintes de cancers, et 26 professionnels de la santé, elle fustige une « érosion systématique » des droits des femmes palestiniennes, qualifiant la situation de catastrophe délibérément entretenue. Les Palestiniennes ont été poussées, selon elle, « au bord du précipice », victimes de souffrances « aggravées et potentiellement mortelles », exacerbées par les déplacements forcés de masse et le blocage systématique de l’aide humanitaire par l’entité sioniste. Sur le terrain, les chiffres sont vertigineux. Près de 60 % des points de santé sont hors d’usage, selon l’Organisation mondiale de la santé. Les unités néonatales fonctionnent jusqu’à 170 % de leurs capacités, contraignant les soignants à placer parfois trois nouveau-nés par couveuse. 46 % des médicaments essentiels demeurent en rupture de stock, obligeant à la réutilisation de matériel à usage unique ou au recours à des anesthésiants périmés. Les témoignages recueillis par l’ONG donnent un visage humain à ces statistiques : Hind, 22 ans, raconte n’avoir pesé que 43 kilos à l’accouchement, donnant naissance à un bébé prématuré souffrant d’une double infection pulmonaire, après une grossesse vécue dans une tente surpeuplée, exposée au froid et à la pollution. Selon les Nations unies, 37 000 femmes enceintes et allaitantes souffriront de malnutrition aiguë d’ici à la mi-octobre 2026. Plus de 18 500 malades requièrent une évacuation médicale urgente, mais le processus est « complètement arrêté » depuis la fermeture des points de passage, notamment Rafah.

Ce tableau s’inscrit dans un bilan global qui ne cesse de s’alourdir. Depuis le 7 octobre 2023, l’agression génocidaire sioniste a fait 72 234 martyrs et 171 852 blessés, en majorité des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 658 Palestiniens sont encore tombés en martyrs. Sur le plan juridique, l’isolement de l’entité sioniste se renforce. L’Islande et les Pays-Bas ont annoncé rejoindre la plainte pour génocide initialement déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice le 29 décembre 2023. Leur adhésion porte à 18 le nombre d’États intervenants, aux côtés de l’Espagne, de l’Irlande, du Brésil, de la Belgique et de la Norvège. Dans leur document d’intervention, les Pays-Bas affirment que le déplacement forcé, la famine, la privation d’aide humanitaire et les actes commis contre les enfants « peuvent être considérés comme des actes de génocide », soulignant que ces pratiques « peuvent jouer un rôle déterminant dans l’établissement de l’intention génocidaire ». Face à ces « catastrophes en cascade », Amnesty International appelle les États à exercer une pression diplomatique et économique sur l’entité sioniste pour lever « entièrement » le blocus et garantir l’accès vital aux soins.

L.S.

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