Mila : Plus de 300 pièces de monnaie romaines sauvées des réseaux de trafic
La brigade de Gendarmerie nationale de la commune de Hamala a remis, en février dernier, 39 pièces de monnaie de la période romaine aux services de la direction de la culture et des arts de la wilaya de Mila, après leur saisie dans le cadre de la lutte contre le commerce illicite de vestiges antiques. Un geste qui illustre la mobilisation croissante des corps de sécurité pour la protection du patrimoine archéologique national. Ces témoins de bronze d’une civilisation vieux de deux millénaires ont failli disparaître dans les circuits opaques du trafic d’antiquités. Les pièces, de tailles diverses, portent des inscriptions latines et des effigies de personnalités romaines, dont des empereurs, autant de marqueurs qui attestent de leur ancienneté et de leur valeur historique. Lezghed Chiaba, chef du service du patrimoine culturel à la direction de la culture et des arts de Mila, souligné à l’APS que l’expertise conduite après la saisie a formellement confirmé « l’importance historique et archéologique » de ces monnaies, levant tout doute sur leur authenticité et leur intérêt pour la recherche. La récupération de ces pièces est le fruit d’une opération menée au cours du mois de février par les éléments de la brigade territoriale de la gendarmerie nationale de Hamala, commune située au nord de la wilaya de Mila. Elle s’inscrit dans le cadre des efforts soutenus de protection du patrimoine culturel et de lutte contre le commerce illicite de vestiges antiques, un fléau qui menace la mémoire archéologique du pays. Une fois les procédures légales accomplies, ces objets ont été officiellement remis à la direction de la culture et des arts, qui les acheminera à son tour vers le musée national public Cirta de Constantine, où ils seront conservés dans des conditions adaptées à leur préservation.
Le musée Cirta, l’un des plus importants d’Algérie, dispose des infrastructures et des compétences nécessaires pour accueillir, cataloguer et étudier ce type de trouvailles. L’intégration de ces monnaies dans ses collections permettra aux chercheurs et aux historiens d’approfondir la connaissance de la présence romaine dans la région, une présence dont les traces demeurent nombreuses sur le territoire de l’actuelle wilaya de Mila, héritière de l’antique Milevum. Au-delà de ce lot de 39 pièces, c’est un bilan bien plus significatif que révèle Lezghed Chiaba. Depuis le début de l’année 2026, les corps de sécurité ont permis, grâce à leurs efforts conjugués, de récupérer pas moins de 331 pièces de monnaie archéologique de différentes périodes historiques, toutes remises aux services du secteur de la culture en vue de leur préservation. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur du phénomène, mais aussi de l’efficacité croissante des dispositifs de surveillance et d’intervention mis en place pour contrer les réseaux qui pillent le sous-sol algérien.
La wilaya de Mila, riche d’un passé antique stratifié — numide, romain, byzantin —, constitue un terrain particulièrement convoité par les trafiquants d’antiquités. La vigilance des autorités locales, adossée à une coopération étroite entre les services de gendarmerie et les directions de la culture, apparaît dès lors comme une condition indispensable à la sauvegarde d’un patrimoine que ni les siècles ni l’oubli n’ont réussi à effacer.
M.S.

